Les nombreuses séries photographiques d’autoportraits de Narcisse E. Esfahani – notamment la série Elegy (2014) et Between2 (2011) – il­lus­trent parfaite­ment la pré­dominance du « moi » chez cette artiste, non pas dans le sens premier du mythe selon Ovide, où Narcisse meurt noyé, mais comme le point de départ de sa création. Ainsi, par le biais de l’auto­portrait, l’artiste exploite les dif­féren­tes facettes du « moi », et opère une forme de con­cilia­tion identi­taire que sous-tend un ques­tion­nement d’ordre moral et épistémo­logique du type « Connais-toi toi-même » tant discuté et débattu au sein de la tradition philo­sophique occidentale, de Socrate à Nietzsche.

Image