Ce numéro de Vie des Arts oscille entre les événements à venir et ceux actuellement en cours, entre des événements d’une certaine envergure et ceux, au contraire, plus modestes, entre des artistes de grande notoriété et d’autres, peu ou pas connus, que nous décidons de sortir de l’ombre.

Tout d’abord, l’année 2017 s’annonce riche des promesses qu’annoncent la Manif d’art de Québec et la 8e édition du festival Art souterrain de Montréal. Leurs deux responsables expliquent pourquoi ils {SUP}ont choisi d’aborder de front des questions que, par pudeur ou par réflexe de culpabilité, on esquive : la joie considérée comme un combat et le divertissement envisagé comme une stratégie.

Quelle meilleure figure que celle de William Notman pour représenter de façon symbolique à la fois
Montréal et le Canada ? L’exposition rétrospective montée avec habileté par Hélène Samson au
Musée McCord tire parti des technologies actuelles pour donner un aperçu global de l’oeuvre du célèbre photographe qui se distingue à la fois comme homme d’affaires et artiste. Un phénomène moins rare aujourd’hui à l’heure des arts médiatiques.

Et justement, comment enseigner les arts médiatiques ? Quels programmes proposer aux étudiants ?
Comment canaliser le déluge d’images et de sons qui en constituent les matières premières ? Telles sont quelques-unes des questions qui sillonnent le dossier consacré aux arts médiatiques. Divers enseignants des départements d’arts visuels de cégeps et d’universités, ainsi que des animateurs de centres d’arts spécialisés en arts médiatiques donnent un aperçu de la complexité que suppose le transfert de connaissances très volatiles.

Montréal encore, où le Musée des beaux-arts s’enrichit d’une aile supplémentaire, soit le Pavillon de la Paix Michal et Renata Hornstein. Le bâtiment se dresse rue Bishop avec élégance et subtilité, tirant parti avec efficacité de l’espace relativement restreint disponible. D’autres propriétés en font un édifice susceptible d’accueillir et de mettre en valeur des initiatives inusitées. Les projets qui s’annoncent le prouveront sûrement.

Comme d’habitude, la revue offre une place importante à l’analyse des expositions organisées par
les musées. Vous aurez donc plaisir à lire les comptes rendus critiques portant sur les rétrospectives Pierre Ayot, Pierre Bonnard, Alex Janvier et Josef Sudek.

Deux expositions mettant en vedette des productions d’artistes contemporains se détachent en
particulier. Les choses iconoclastes et provocatrices de Wim Delvoye (DHC/ART) conduisent à s’interroger sur les postures de l’artiste et à se demander s’il s’érige en modèle d’effronterie ou de courage.

Les Mythologies singulières de Claire Labonté, Marigold Santos et Anna Torma (1700 LaPoste) forment assurément la plus belle exposition présentée à l’automne à Montréal : dépaysement, couleurs,
matériaux, maîtrise technique ; de quoi combler et bouleverser les plus exigeants.

Il vous reste à faire connaissance avec Marie Surprenant et Alain Cadieux, artistes logés à l’enseigne des oubliés magnifiques. Vous jugerez. Comme on le constate, dans une métropole comme Montréal où l’automne offre une prolifération d’attractions culturelles irrésistibles, une manifestation comme la Biennale de Montréal se doit d’être un phare. Tel n’est pas le cas de l’édition 2016. La déception est si grande qu’elle pose la question de la pérennité de l’événement ou, à tout le moins, sa délégation au Musée d’art contemporain. La conception même de la Biennale est à revoir. Il s’agit de trouver un concept original qui permettrait à Montréal de se démarquer par rapport aux 300 autres biennales implantées dans le monde. Sinon, à quoi bon ?

Bonne lecture et bonne année