Le Musée privé a donc mandaté l’artiste français pour intervenir à sa guise sur l’œuvre architecturale fraîchement inaugurée ; il lui a en quelque sorte donné carte blanche. À l’aide d’entrevues avec la commissaire Suzanne Pagé et l’ingénieur Nicolas Paschal, le film relate les différentes étapes de ce projet. C’est avec les commentaires de l’artiste lui-même que l’on découvre le bâtiment, monochrome avant l’intervention ; on assiste à l’installation. Le résultat final tout en couleur et en transparence, en jeux d’ombres et de lumières colorées, est révélé avec d’habiles et flatteurs jeux de caméra.

On prend ainsi la mesure de la complexité de l’ouvrage, de l’extrême souci du détail et de la qualité du produit. Des images filmées par drone montrent l’installation des pellicules translucides colorées sur la surface vertigineuse de la structure. Enfin, on peut apprécier la mise au monde d’une œuvre qui, de jour, transfigure la lumière et l’espace, jouant comme un intermède coloré dans les interstices qui lient les salles du Musée et de nuit, rehausse et rythme le volume du bâtiment qui devient un écrin précieux.

Le documentaire fait état d’une œuvre certes monumentale, mais tout à fait intégrée (voire tissée à même l’architecture). Il est remarquable de constater combien ce projet et son issue semblent à la mesure de tout le savoir-faire de Buren : l’artiste prouve encore l’acuité de son regard, intégrant toujours l’art à son contexte, liant l’œuvre et ses espaces physiques, conceptuels et esthétiques. Dans ce cas précis, l’architecture sert l’art – elle en est le support – et l’art sert l’architecture – car il la magnifie, la complexifie tout en mettant en valeurs certains de ses détails.

Daniel Buren, L'Observatoire de la lumière, Fondation Louis Vuitton
France | 2016 | 25 min

Vendredi 31 mars | 15h45
Centre canadien d'architecture, théâtre Paul Desmarais
1920 rue Baile
Montréal
La réservation de billets se fait sur le site artfifa.com(lien externe) (film # 73)

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