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Il faut examiner de près les collages photographiques numériques de Maria Antonietta Scarpari. Au premier abord, vous voyez des tableaux de forme carrée (1,50 x 1,50 m) posés à même le sol de la galerie YellowFishArt. Ils contiennent des images que vous percevez comme d’immenses roues. Et puis, vous les assimilez à des rosaces. L’illusion est assez forte pour que vous les preniez pour des trompe l’œil tant les éléments vous semblent sculptés dans la pierre.
   Approchez-vous. Penchez-vous. Regardez. Vous distinguez des pieds, des robes blanches attestant du corps d’une femme. Vous devinez qu’il s’agit d’une mariée. Vous ne vous trompez pas. D’ailleurs Bride est le titre de l’exposition.
   Partout, les tableaux présentent, en les surmultipliant, les images (la plupart du temps partielles) d’une femme. Sa silhouette reproduite huit fois, dix fois, vingt fois, cent fois et plus encore, forme presque toujours les rayons d’un cercle. En prenant un peu de recul, les pièces circulaires inscrites dans leur carré vous rappellent la margelle d’un puits, un rond-point urbain. L’artiste vous suggèrerait plus d’audace : «Pourquoi pas l’univers en expansion ?» Certes, pourquoi pas ?
   Bien sûr, un peu d’attention vous suffit pour déceler un patient et fin travail de collage. Et soudain alors ces images dont vous émerveillait la rigoureuse régularité de la composition, se mettent à violer les lois de la symétrie. Délibérément et sans vergogne. Les voici qui répondent aux lois du hasard, aux lois du chaos. Elles brisent leur illusoire synchronie au profit d’une harmonie propre à leur dissymétrie. Du désordre naît l’ordre ou, à tout le moins, l’ordonnancement des choses.
   Bras, mains, jambes, pieds, corps : pas un élément qui soit exactement découpé comme l’autre. Les positions des visages – donc leurs physionomies – expriment les mille moments d’une commedia infinita. Les pieds esquissent résolument des pas de danse. Ainsi l’image s’anime parce qu’elle est imparfaite. « Elle prend des libertés avec le programme informatique qui lui a donné naissance » signale l’artiste. À moins, qu’au contraire, le logiciel ait décidé de n’en faire qu’à sa tête.