Résolument en marge des courants artistiques dominants, les portraits, les paysages et les natures mortes d’Anatoly Golod, peintre montréalais d’origine biélorusse, peuvent être considérés comme résultant d’un constant travail de recherche sur «la nature des choses».

Anatoly Golod déclare explorer le plus loin possible l’être de ses personnages, déceler quelque chose de mystique dans ses paysages, d’intérioriser les objets qu’il peint. Si l’artiste se réclame du modernisme européen et surtout russe, ses productions n’y font cependant pas explicitement référence. Il n’est, en fait, relié à aucune école. Ses tableaux offrent des visions urbaines de Montréal, du Québec en général et des anciennes républiques de l’URSS. L’artiste ne renie nullement que ses peintures fassent écho à la tradition russe d’un art de type existentiel. Né à Minsk, capitale de la Biélorussie, en 1936, il y a fait ses études en art. Il s’est établi à Montréal en 1989. Il y expose régulièrement ses peintures comme, antérieurement, il a présenté ses créations en URSS, en France et aux Etats-Unis.

Les portraits d’Anatoly Golod révèlent toujours les angles les plus singuliers des personnalités qu’il met en scène. S’il reconnaît se peindre un peu dans chacun de ses modèles, il serait hâtif d’y voir des autoportraits. Réalisés entre 2014 et 2017, la vingtaine de portraits et de nus exposés au Centre culturel Georges-Vanier trahissent chacun la recherche d’une expression dont l’artiste déclare qu’elle est de l’ordre de « l’essence ». Qu’ils soient réalisés au crayon, au fusain, à l’encre, à l’aquarelle, à la sanguine ou qu’ils soient des techniques mixtes, ses tableaux traduisent toujours la dignité du sujet.

Les paysages d’Anatoly Golod sont issus du subtil alliage de l’instinct du peintre et de l’écho de la manière russe avec ses bleus ciel cobalt et ses bleus de nuit chers à Ivan Serov ou à Isaac Lévitan, paysagistes de la deuxième moitié du XIXe siècle. Golod aborde le paysage dans une optique existentielle : « elle exige du spectateur, assure l’artiste, une approche lente et, idéalement, un moment de méditation.» En effet, les villes, les villages et les contrées que peint Golod ont été durement éprouvés par l’Histoire : les observer inspire le recueillement.

Golod traite l’eau et le ciel en connaisseur de leurs diverses valeurs chromatiques ; ses demi-tons rendent leurs combinaisons fascinantes.

Le peintre raffole des pots et des bouilloires à café turc dont il possède une impressionnante collection. Dans les représentations qu’il en donne, il se plaît à faire ressortir le lustré de leur surface métallique sphérique. Encre noire et fusain se conjuguent pour en suggérer l’éclat.

On jugerait facilement Golod comme un artiste à contre-courant et même à contretemps. Ce serait sous-estimer les efforts qu’il consacre, le pinceau à la main, à remonter le temps à la recherche de ce qui serait son essence.

Visuels :

 
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Vitebsk

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Untsukul

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Pskov

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La Dniepr à Smolensk

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Marché Bonsecours

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Portrait double

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Portrait du père de l’artiste

 

Anatoly Golod

Croquis

Centre culturel Georges-Vanier

2450, rue Workman
Montréal
514 931-2248
Du 16 novembre au 21 décembre 2017