Ce qui singularise d’emblée la 10 e édition du Festival Art Souterrain, c’est son ampleur. Elle réunit 98 projets d’arts visuels que signent 94 artistes. Ces productions se déploient, d’une part, le long des trois kilomètres du couloir piétonnier qui relie le complexe Guy-Favreau au 1000 de la Gauchetière; d’autre part, elles se répartissent quoique de manière inégale, entre neuf lieux relativement éloignés les uns des autres dans Montréal.

Cette 10 e édition a pour thème unificateur la locution latine Labor Improbus qui signifie le travail acharné ou encore le travail contraignant, voire obligé. Frédéric Loury, le directeur général du Festival, justifie ce choix : « Chaque jour, constate-t- il, 300 000 personnes circulent sur notre territoire d’exposition en destination des espaces de bureaux. Les travailleurs constituent, par leur nombre, le premier auditoire indirect de notre événement annuel. Il nous a donc semblé pertinent de réfléchir aux notions de labeur, à ses mécanismes diversifiés et contradictoires.» Réflexions fécondes puisqu’elles ont trouvé écho auprès d’une centaine d’artistes : 45 du Québec, 9 du Canada et 37 d’autres pays (Allemagne, Angleterre, Belgique, Chili, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Hongrie, Mexique, Pays-Bas et Russie). Leurs œuvres très diverses se présentent sous la forme d’installations, de sculptures, de vidéos, de photographies, de peintures, d’estampes numériques, ainsi que de performances. De nombreuses activités publiques (conférences, débats, projections de films) offrent aux visiteurs de commenter les traitements qui sont proposés du thème Labor Improbus.

Si Frédéric Loury s’est attaché à circonscrire le sujet d’un point de vue global, en s’employant à dévoiler les dessous des systèmes et des processus inhérents au travail pour en débusquer les faux-semblants, ses deux commissaires invitées se sont attachées, elles, à deux aspects plus circonstanciés. Ainsi, Pascale Beaudet pose la question : « Quel regard les artistes portent-ils sur l’activité salariée, le travail rémunérateur qu’ils exercent souvent eux-mêmes et sur les entreprises qui les emploient ? » De son côté, Émeline Rosendo, en misant sur des oeuvres photographiques, examine les contraintes comme les migrations, la standardisation des activités, l’asservissement, l’exercice de pouvoirs et la hiérarchie.

La 10 e édition du Festival Art Souterrain ne manque donc ni d’envergure ni d’ambition.

10 e édition du Festival Art Souterrain

Labor Improbus

Frédéric Loury, directeur général et commissaire principal
Pascale Beaudet et Émeline Rosendo, commissaires invitées

Exposition échelonnée le long d’un itinéraire piétonnier traversant sept édifices du centre-ville de Montréal additionné de neuf lieux satellites : Arsenal Art Contemporain, Université Concordia, UQAM, Cinéma du Parc, Ubisoft, Fonderie Darling, Fridge Door Gallery, Galerie Simon Blais, Grande Bibliothèque.

Du 3 au 25 mars 2018

 

Exposition particulière

 
Éclats de mémoire- quand l’art retravaille le passé
Salle d’exposition, niveau M
Grande Bibliothèque
Artistes : Sébastien Cliche, Moridja Kitenge Banza et Marc-Antoine K. Phaneuf.

Du 22 février au 31 mai