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À quelles nécessités la fonction de critique d’art répond-elle aujourd’hui ? Au moment où n’importe qui s’estime justifié d’émettre une opinion, notamment par l’intermédiaire des plateformes des réseaux sociaux, comment se dessine l’avenir de la critique d’art ? Entre l’analyse savante (la plupart du temps bavarde et jargonneuse) et les jugements sommaires des ignorants, quelle réception peuvent attendre encore les observations et les arguments qui fondent toute critique digne de ce nom ? Une authentique écriture critique est-elle toujours concevable ?

L’édition du numéro 250 – un beau chiffre rond – m’a semblé judicieuse pour inviter les membres de l’équipe de rédaction de Vie des Arts qui le souhaitaient à se livrer à un exercice de réflexion, voire d’introspection, sur la fonction de critique d’art. Quelle redéfinition pourrait surgir à propos de cette activité que ces rédactrices et rédacteurs mènent souvent depuis de longues années ?

J’ai demandé à Jean-Émile Verdier, théoricien de l’art, et à Jacques-Bernard Roumanes, philosophe de l’art et artiste, de produire chacun un texte déclencheur. Un texte dont les points de vue sont destinés à susciter des prises de position qui ne soient pas conventionnelles, dans le genre « une critique doit être rigoureuse, rédigée de façon claire, les données doivent être vérifiées… », ce qui va sans dire.

Vous allez donc lire des articles très variés. Certains répondent aux excès provocateurs des auteurs des textes déclencheurs – c’est mon cas : il me fallait bien donner l’exemple – ; d’autres suivent leur propre chemin. J’ai délibérément choisi de ne pas accompagner les articles d’images des oeuvres que les critiques évoquent pour soutenir certains de leurs propos. J’ai préféré – une fois n’est pas coutume – reproduire une photo de chacun d’entre eux puisqu’elles et ils sont à la fois auteurs et sujets de leurs articles.