Image
Vue de l’exposition Première impression, 2019, Arprim, centre d’essai en art imprimé
Crédit : DPM

 
Le Conseil québécois de l’estampe lançait en 1988 le prix Albert-Dumouchel afin de rendre hommage au père de la gravure contemporaine au Québec et à un enseignant précurseur. Le concours encourageait à l’époque les élèves à choisir l’estampe comme moyen d’expression. Le prix est aujourd’hui porté par Arprim, centre d’essai en art imprimé, et, évoluant avec les pratiques au fil du temps, mise désormais sur la recherche et l’expérimentation de ce médium multiforme.

Si l’usage de l’estampe par la relève était initialement privilégié par le concours, sa mouture actuelle récompense le travail d’artistes de premier cycle universitaire et consiste en une véritable passerelle vers le milieu professionnel. Depuis 1998, le travail des finalistes est d’ailleurs présenté dans le cadre de l’exposition collective Première impression. Celle-ci permet au public de découvrir certaines tendances actuelles en art imprimé tout en offrant aux artistes l’occasion d’exposer dans un contexte institutionnel. On y a vu, entre autres, les œuvres d’Étienne Tremblay-Tardif, d’Amélie Proulx, de Charles-Étienne Brochu, d’Ann Karine Bourdeau Leduc et de Rebekah Tolley. À partir de 2007, Arprim s’associe à un centre de production partenaire afin d’offrir une résidence de création au lauréat ou à la lauréate. Cette année, il s’agit de L’imprimerie, centre d’artistes qui propose une résidence de production de trois mois dans ses ateliers montréalais ainsi qu’Engramme à Québec qui offre un séjour de création de deux semaines. L’artiste a alors la chance de jouir d’une immersion créative dans des centres spécialisés en art imprimé.

Pour la trentième édition du prix Albert-Dumouchel, les finalistes étaient Camilhe Couton (UQAM), Alex Guèvremont (Concordia), Sine Kundargi-Girard (Concordia), Sarah-Jeanne Landry (UQAC), Natacha Nellis (UQAM), Bosny (Concordia) et la lauréate Catherine LeBlond (UQTR), nommée pour la maturité de sa proposition, la qualité de son travail et la variété des techniques utilisées. Le travail de Kundargi-Girard a quant à lui été souligné par une mention du jury – constitué de Judith Bellavance, Jean-Michel Leclerc et Sabina Rak – pour son inventivité, son côté ludique et la liberté dans l’utilisation des arts imprimés.

Intitulée Les trois sœurs (2018), l’œuvre présentée par LeBlond consistait en deux grands panneaux de tissus affichés au mur où s’entremêlent sérigraphie, impression numérique et couture. Avec ces grands rectangles noir, rouge et blanc ponctués de motifs, l’artiste utilise judicieusement la répétition – qui est le propre de l’art imprimé – au sein d’une œuvre unique. Constitué d’une vingtaine de ceintures colorées croisées au sol, le projet installatif Floral Belts (2018-2019) de Kundargi-Girard accrochait également le regard en offrant une rencontre entre le travail textile et des fibres.

Bien plus qu’un simple concours, le prix Albert-Dumouchel met de l’avant les pratiques en arts imprimés de demain tout en réunissant des acteurs centraux du réseau des centres d’artistes québécois qui œuvrent dans le domaine. On souhaite trente autres années à un prix qui s’ancre dans l’histoire québécoise de l’art imprimé tout en célébrant l’audace de la relève artistique !

 

Première impression

Les finalistes du prix Albert-Dumouchel pour la relève 2019
Arprim, centre d’essai en art imprimé, Montréal
Du 25 mai au 15 juin 2019

 
Image
Catherine LeBlond, Les trois sœurs, 2018, sérigraphie, impression numérique sur tissus, couture, 152 x 183 cm chacune. Crédit : DPM

 
Image
Sine Kundargi-Girard, Floral Belts, 2018-2019, tissus récupérés, teints et imprimés à la main, 200 x 100 cm
Crédit : DPM