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Berthe Morisot
Autoportrait, 1885

Berthe Morisot (1841-1895) est l’une des artistes fondatrices de l’impressionnisme. L’exposition Berthe Morisot, femme impressionniste que présente le Musée national des beaux-arts du Québec est une première sur cette artiste au Canada. Elle regroupe une soixantaine de tableaux de figures et de portraits provenant de collections publiques et privées du monde entier. Il faut remonter à 1987 pour relever une exposition monographique consacrée à Berthe Morisot en Amérique du Nord.

Le destin d’une femme artiste
L’objectif de l’exposition Berthe Morisot, femme impressionniste est de remettre en lumière la place importante que Morisot occupe non seulement dans le mouvement impressionniste, mais aussi dans le milieu de l’avant-garde moderne de son époque, soit durant la seconde moitié du XIXe siècle. Reconnue et appréciée de son vivant, son œuvre a connu au début du XXe siècle un effacement progressif qui a occulté le rôle essentiel et l’influence de l’artiste jusqu’à la reléguer au rang d’actrice annexe de l’impressionnisme, donc peu connue du public. Depuis une trentaine d’années, le contexte social et culturel de l’impressionnisme a fait l’objet d’études très pointues, si bien que la vie et l’œuvre de Berthe Morisot ont suscité quantités de recherches, dont les résultats alimentent notamment les études féministes anglo-saxonnes : ces efforts ont permis de jeter un nouvel éclairage non seulement sur l’œuvre elle-même, mais aussi sur les mécanismes qui régissent la carrière et le destin artistique d’une femme artiste, en particulier à la fin du XIXe siècle. Comme bien des artistes, le cas de Morisot, à cet égard, est complexe, et certains éléments biographiques personnels ont à la fois favorisé son épanouissement (l’appartenance à un milieu aisé), et joué en sa défaveur, plus tard, lorsque le petit nombre de tableaux vendus de son vivant (une quarantaine sur 423 œuvres répertoriées en 1896) et son statut social bourgeois ont pu voiler le côté professionnel de sa carrière, jugée moins « héroïque » que celle d’autres peintres de son époque. Les préjugés entourant l’art féminin n’ont pas plus épargné Morisot que d’autres femmes artistes.

(Suite de l'article dans la version imprimée de Vie des arts)