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Dyana Danger
V007491, 2014

Bien des choses ont changé depuis la précédente Biennale d’art autochtone (BACA). La formule, le contexte, l’esprit des lieux. En 2016, les artistes avaient été regroupés par pôles géographiques (Centre, Nord et Côte-Ouest): on voyageait alors de pavillon en pavillon. Les actuelles commissaires, Niki Little et Becca Taylor, ont misé sur le concept d’une exposition unique, fluide et mouvante, qui correspond mieux à cette quatrième édition de la BACA, aujourd’hui structurée en organisme à but non lucratif. C’est donc, en ce printemps 2018, une seule et même exposition qui rayonne en différents lieux d’accueil. Et cette formule fonctionne plutôt bien.

Lieu fondateur de la première Biennale, la galerie Art Mûr joue la carte du foisonnement des œuvres sur plusieurs étages, jusque dans le moindre recoin. Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke est le plus sage dans sa proposition muséale. Quant à La Guilde, elle a déménagé. Elle bénéficie dorénavant d’un espace blanc du sol au plafond, baigné de lumière grâce à une large fenestration : les œuvres en sont rehaussées. Enfin, les commissaires Little et Taylor ont tiré parti de la salle d’exposition de la Galerie d’art Stewart Hall de manière plus intime que ce ne le fut lors de la dernière édition, avec des œuvres moins spectaculaires et davantage espacées, pour que l’ensemble respire.

Les échos, les clins d’œil, les mises en abyme font la richesse de cette Biennale. D’ailleurs, certaines artistes exposent dans plusieurs lieux. L’impression d’unicité s’en trouve renforcée. Parfois, le dialogue s’enrichit de manière surprenante, comme lors du vernissage chez Art Mûr où un banquet joyeux fut dressé pour l’occasion devant l’installation de Caroline Monnet – une table d’apparat – et sa vidéo Creatura Dada (2016) projetée au mur. Sur cette vidéo, des femmes autochtones partagent un festin avec sensualité. La part rituelle et ludique n’échappe pas au spectateur.

(Suite de l'article dans la version imprimée de Vie des arts)