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Raymonde Godin
Les Outaouais, 2012

Ce que donne à voir Raymonde Godin vous saute au visage. C’est dire combien sa peinture se définit par sa frontalité.

Résolument abstraites, certaines des compositions de Raymonde Godin sont chargées de motifs dont les variations (forme et couleur) et la régularité rythmique revêtent le caractère de suites musicales. D’autres compositions, au contraire, sont sillonnées d’enchevêtrements, parfois dépouillés, parfois très touffus, qui évoquent des paysages où prédominent branches, buissons, taillis, fourrés, clairières…

Que l’on comprenne bien ici que la peinture de Raymonde Godin, sous prétexte qu’elle suggère une certaine musicalité ou encore quelques vues forestières, ne se donne pas pour autant comme une peinture de représentation. Cette peinture se range dans la catégorie de l’abstraction gestuelle, abstraction souvent lyrique. Dans ce registre, contrairement, par exemple, à certains de ses illustres confrères (Riopelle, Pollock, McEwen), qui, comme elle, pourraient se réclamer de l’école de la frontalité, Raymonde Godin sature rarement ses feuilles de papier ou ses toiles d’empâtements de couleurs. Elle perce des ouvertures et le pourtour demeure libre.

(Suite de l'article dans la version imprimée de Vie des arts)