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Ariane Thézé
Lignes d'erres no 11, 2017

À l’origine, la terre était une forêt. Au fil de l’évolution du monde et dans l’enchevêtrement des pieds, des troncs, des bras, des ramures, des frondaisons, il n’a pas toujours été facile de différencier les arbres et les humains. Sans doute y avait-il aussi des êtres hybrides mi-arbres, mi-humains. Quant à la première femme, elle devait ressembler à… Ariane Thézé! Telles sont les hypothèses que formule non sans audace ni poésie Ariane Thézé, l’artiste. Il ne lui en pas fallu davantage pour élaborer une authentique mythologie que soutiennent dessins, photographies, inscriptions murales exposées à Montréal et à Villefranche, près de Lyon.

À la Galerie d’art d’Outremont, sous le titre Lignes d’erres, ce sont des images d’une sorte de guerre ou de combat avec ses vainqueurs et ses vaincus que propose Ariane Thézé. Dans des clairières sont étendus des blessés : ils ont perdu un ou deux bras, une ou deux jambes. S’agit-il de bûches ou de corps aux membres amputés ? Sont-ils laissés pour morts sur le champ de bataille ? Les billes de bois se prolongent par des représentations de pièces manquantes : bustes, têtes, bras… Organes fantômes ou imaginaires ? Organes d’une vie antérieure ? L’équivoque est permise. Ce n’est sûrement pas par hasard que l’artiste a intitulé la série de dessins qui les représentent L’ombre d’un doute.

(Suite de l'article dans la version imprimée de Vie des arts)