Tout comme pour Arc-en-Ciel (2009), Forêt (2011) et Forêt II (2012), le duo a conçu une œuvre en fonction du lieu qu’elle « parasite », selon Philippe Allard, qui cite Gordon Matta-Clark dont il reconnait l’influence. Tous deux aiment récupérer des objets industriels, en apparence anodins, pour les détourner de leur fonction et les mettre en scène. L’objet choisi ici – objet culte pour les cyclistes montréalais – est la caisse de lait. Placée à l’envers et juxtaposée à des centaines d’autres, elle forme une déferlante multicolore qui se déverse le long du bâtiment et vient mourir sur le bitume.

L’assemblage étonne par son apparente légèreté. Pourtant, de loin, la structure est une masse opaque de gigantesques pixels ; obstruant l’entrée de la galerie, on dirait un rideau qui invite à pénétrer dans une autre dimension. Mais lorsqu’on s’en approche, l’œuvre se métamorphose jusqu’à devenir presque aérienne. Sous la couverture, le spectateur se sent enveloppé d’une lumière qui perce à travers les caisses ajourées. Le nom Courtepointe prend alors tout son sens. Ce patchwork multicolore dégage une étrange poésie qui fait oublier les tonnes de plastique qui montent vers le ciel.

La Fonderie Darling est un centre d’arts visuels qui encourage la création, la production et la diffusion d’œuvres actuelles. Elle célèbre son 10e anniversaire cette année.

Fonderie Darling
745 rue Ottawa
Montréal
514 392.1554
www.fonderiedarling.org(lien externe)
Du 14 juin au 2 octobre 2012

 
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photo: Guy L'Heureux
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photo: Guy L'Heureux