Leurs œuvres témoignent d’une surprenante maîtrise technique doublée d’une remarquable inventivité. Le niveau général de l’exposition se compare aisément à celui des artistes confirmés (Vie des Arts N°226, page 118). Impossible de ne pas noter d’emblée que cette relève se compose de dix femmes et d’un seul homme. Elle reflète une tendance qui caractérise fortement le champ de la création en arts visuels au Québec depuis au moins une décennie.

L’œuvre la plus forte est certainement Sommeil trouble de Geneviève Mongrain. Il s’agit d’un lit dont le matelas est entièrement constitué de petites boîtes cylindriques transparentes en plastique. Elles sont vides, mais l’on devine qu’elles ont servi de contenants à des pilules de la famille des somnifères. L’économie de moyens de cette installation est à la source de l’explosion émotive durable qu’elle provoque. Impressionnant.

L’installation flamboyante d’Isabelle Clermont, toile d’araignée géante essentiellement constituée d’un réseau de fils rouges, occupe toute une salle. Une attraction spectaculaire. Tout le plaisir est de ne pas s’y laisser prendre.

Les autres productions déploient leur réponse à la thématique imposée dans des registres variés. Ainsi pourrait-on qualifier d’ingénieuses les œuvres de Geneviève Dupont-Daigneault (un mobile constitué de 40 lentilles déformantes) ou de Mélanie St-Ours (quarante poupées russes non gigognes formées de matériaux inattendus : cartes à jouer, plumes).

Technique pourrait-on dire du cabinet de curiosité monté par Véronique Lespérance (insectes, plantes séchées, dessins sur diapositives) tout comme du montage d’étoffes résultant du croisement de tissus différents d’Audrey Anne Béliveau ou des ampoules libérant des phéromones pour « apprécier » les œuvres d’art d’Alexandre Payer.

Esthétique : cette étiquette siérait bien aux demi-cercles qui s’emboîtent de Kim Lafontaine, ainsi qu’aux motifs géométriques des panneaux d’Isabelle Ayotte.

Faussement naïves, les images d’enfants et de parents d’Anne-Marie Berthiaume ou encore les cœurs cousus sur papier devant le gâteau célébrant un quarantième anniversaire d’Émilie Bernard ?

Le talent de tous ces artistes est indéniable. Les chances sont donc grandes de voir bientôt leurs œuvres occuper régulièrement des espaces d’exposition au Québec, au Canada et à l’étranger. C’est dire combien une visite à la Galerie d’art du Parc de Trois-Rivières s’impose. Absolument !