Pour la première fois dans l’œuvre de King, des fragments de photos (du Grand Canyon !) se glissent par superposition dans les maquettes, confectionnées comme toujours avec beaucoup de minutie. C’est bien fait, et ces ajouts participent à la fracture qui s’opère entre le côté artificiel des décors et la représentation (un peu étrange) du paysage. Le réalisme photographique se situe le plus souvent à l’arrière-plan et plus le regard avance, plus l’illusion s’étiole.

S’il n’y a pas âme qui vive dans les paysages de King, l’absence n’est pas pour autant angoissante. Les lieux sont invitants. De petits chemins serpentent, l’œil peut se frayer un passage. Nous sommes en montagne, en randonnée au milieu de cimes brumeuses. Cette topographie en est une de l’esprit et elle se mesure ici avec l’aspect grandiose de la nature.

Ces petits environnements qu’on dirait faits de plasticine, ces roches qu’on devine légères ont aussi un caractère enfantin. Inévitablement, l’artiste se heurte à l’impossibilité de recréer l’infiniment petit et le chaos foisonnant de la nature. Comme dans un jeu, c’est l’imagination qui comble les vides, crée les liens. Paradoxalement, la valeur de l’œuvre réside dans son approximation, dans son échec relatif face au réel.
Holly King propose un Grand Canyon qui se laisse deviner. Emportée par une touche de mélancolie, une neige bienveillante l’enveloppe et le vertige reste à distance.

 
Holly King
Grand Canyon : Unseen
Galerie Art Mûr
5826, rue St-Hubert
Montréal
Tél. : 514 933-0711
www.artmur.com(lien externe)

Du 12 janvier au 2 mars 2013

 
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Scenic Delirium

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Pathway to an Illusion

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Amost Paradise

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Reflecxtion Tantalize

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Ascent to the Edge