Gentiment ou avec un peu de malice, il nous invite à cacher notre visage d’homme et de femme modernes pour enfiler temporairement la peau de quelque démon animiste. Les faces que Botkin peint se découpent sur des morceaux parfois multiples de bois mince. Invariablement les yeux sont des trous, pour bien comprendre l’oeuvre il faut passer derrière!
L’artiste n’a pas hésité à investir tout le lieu d’exposition: deux personnages géants, peints et construits à même les murs, protègent les artefacts et veillent sur eux.

A travers la galerie de ces personnages, le visiteur sent parfois l’influence de l’imaginaire du cinéaste Hayao Miyazaki. C’est un monde qui grouille où humains, animaux et objets ont une âme et s’amalgament pour former les visages d’une nouvelle mythologie. Dans cette iconographie, la ville est omniprésente: les cornes sont des cheminées, les dents sont des buildings!

Dans une deuxième série d’oeuvres aux dimensions plus modestes, le masque se décline dans un vocabulaire clairement emprunté au comic book. Yeux, nez et bouche, mais aussi cerveau ou noeud coulant se répètent et permutent pour créer un nombre impressionnant de variantes : choisissez votre avatar!

Dans le regard bicolore des lunettes 3-D (fournies sur place), toutes les oeuvres se métamorphosent. Conçues avec ce système en tête, les images gagnent en mystère. La proposition de Jason Botkin est réussie. Les oeuvres sont originales et elles questionnent vigoureusement notre rapport au monde.

 
“ALL KIN” Jason Botkin
du 29 janvier au 29 mars
LNDMRK/GalerieYves Laroche
550 avenue Beaumont, Montréal

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