Certes, les grimaces et les pauses du maître catalan sont cadrées dans le contexte qui les suscite et les justifie. Le réalisateur évoque ainsi en contrepoint les moments importants de la carrière du peintre virtuose : sa formation, sa « montée » à Paris et sa rencontre avec Picasso puis Breton et les surréalistes, qui l’adoptent presque spontanément ¬– il se révèle plus excentrique qu’ils ne s’y attendaient – et rejettent ce fou qui se moque bien d’eux puisqu’il ne travaille que pour lui-même. Il fait bonne mesure et vole Gala à Éluard. Elle sait compter et lui sait pouvoir compter sur elle. Ils ont compris tous les deux que le talent ne suffit pas pour vivre de l’art. Il faut se rendre visible, en l’occurrence risible, mais le plus sérieusement du monde. François Lévy-Kuentz enchaîne les séquences qui le prouvent. Calculateur, Dali projette l’image d’un pitre. Journalistes, critiques, publicitaires jouent son jeu. « Je suis un génie », déclare Dali. « Je suis fou…, clame-t-il, … du chocolat Lanvin ! » Que de pirouettes pour imposer des images que le film de Lévy-Kuentz relègue au rang d’accessoires. Telle est la rançon de la gloire.

Salvador Dali, génie tragi-comique
France | 2012 | couleur, n. et b. | 52 min | français s.-t. anglais
Réalisation : François Lévy-Kuentz

Vendredi 22 mars 2013 - 21h00
Musée des beaux-arts – Auditorium Maxwell Cummings

 
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