Naturellement, elle se remplit des images des célèbres tableaux du peintre américain (1882-1967). Parallèlement, Jean-Pierre Devilliers, le réalisateur, tente de percer le mystère Hopper en restituant l’atmosphère euphorique des États-Unis au début du XXe siècle, ambiance que ne partage pas le peintre à son retour d’Europe, en 1910, et surtout entre les deux guerres, et que traduit le réalisme de ses toiles. Les commentaires du cinéaste Wim Wenders, installé au Whitney Museum (New York) constituent l’armature du film. Il avoue son émoi devant les tableaux « cinématographiques » de Hopper. Il estime que leur particularité narrative tient au fait qu’ils ne comportent pas de passé. Certes, si cette assertion est discutable et probablement inexacte, les propos de Wenders réussissent à emporter l’adhésion des spectateurs quand il évoque les effets de « bascule » auxquels recourt Edward Hopper avec une habileté dont nul ne se lasse jamais. Les confidences d’Edward Hopper à propos de la solitude des sujets qu’il choisit de peindre sont désarmantes de lucidité. Elles font écho à la solitude où il se confine à la fin de sa vie devant à la montée de l’abstraction gestuelle de l’action painting et de l’abstraction géométrique des artistes du hard edge. Son attitude revêt une sorte de grandeur héroïque.

La toile blanche d’Edward Hopper / Edward Hopper and the Blank Canvas
France, Pays-Bas | 2012 | couleur, n. et b. | 51 min | français, anglais, s.-t. français anglais
Réalisation : Jean-Pierre Devilliers

Mercredi 20 mars 2013 - 21h00
Musée des beaux-arts – Auditorium Maxwell Cummings
Vendredi 22 mars 2013 - 18h30 (complet)
Musée des beaux-arts – Auditorium Maxwell Cummings

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