Pour garder le lieu vivant malgré l’exode des jeunes, on y a mis sur pied, en liaison avec la télévision régionale et la BBC, le festival Other voices, qui se déroule chaque année en décembre dans la petite église de Saint James, où les têtes d’affiche du monde du spectacle viennent échapper au brouhaha habituel de leur vie survoltée. Rufus Wainwright et sa sœur Martha en furent. Et, en 2006, Amy Winehouse.

Vêtue d’un souple ensemble veste et pantalon noir, elle va se balancer doucement et, dans une attitude très recueillie, moduler de sa voix au vaste registre des mélopées qui ressemblent à des prières, dans le style des gospels de Mahalia Jackson, qu’elle trouve admirable. Elle va poursuivre le récital avec ses propres chansons dont Tears dry on their own et Love is a losing game, titres imprégnés de mélancolie tirés de son album Back to Black qui vient de sortir. À la fin de chacune, elle esquisse une gracieuse révérence au public qui remplit la petite salle et le remercie de son accueil pendant qu’un sourire d’une grande jeunesse vient illuminer son visage.

Interviewée ensuite par la télévision, elle répond aux nombreuses questions sur sa carrière, rappelant l’influence que les grandes chanteuses de jazz – Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald – et aussi Ray Charles ont eu sur elle, puis évoque son enfance à Enfield, quartier de Londres dont elle a gardé un accent cockney qui la rend parfois difficile à suivre.

Le festival de Dingle semble avoir été un de ses rares moments de paix. Malgré ses incroyables succès, Amy Winehouse, victime de ses dépendances affectives qu’alcool et drogue exacerbèrent encore davantage, allait le 21 octobre 2011, mourir terrassée dans son lit. Elle avait 27 ans.

Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle
Irlande, Royaume-Uni | 2012 | couleur | 60 min | anglais

Samedi 23 mars, à 21h
5e salle Place des Arts
avec Atom Heart Mother

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