C’est ce qui justifie le titre Building Seagram, et non Seagram Building, donné au livre qu’elle consacre à l’élégant bâtiment de bronze et de verre de 38 étages achevé en 1958 et signé par Mies van der Rohe (1886-1969) en collaboration avec Philip Johnson (1906-2005).

L’ouvrage de Phyllis Lambert est passionnant à plusieurs titres. D’abord parce qu’il constitue un témoignage de première main à propos d’une réalisation qui revêt un caractère historique en ceci qu’il explicite le triomphe d’une posture esthétique au carrefour des traditionnels enjeux sociaux, politiques et économiques. Ensuite parce qu’il révèle en détail les nombreuses conditions qui conduisent au succès de l’entreprise : le choix de l’architecte, les rapports avec les fournisseurs, le traitement des matériaux. Enfin parce qu’il examine la portée de cette réalisation non seulement du strict point de vue architectural, mais plus largement sur le plan de l’aménagement urbain ; à cet égard, le Seagram Building s’érige comme un modèle qui prend en compte la nécessité d’établir des rapports harmonieux entre les citoyens et leur ville.

BUILDING SEAGRAM
Phyllis Lambert
Préface: Barry Bergdoll
Yale University Press, 2013
21 x 30 cm
52 illustrations en couleurs ; 141 illustrations en noir et blanc
Reliure toile
320 pages
65 $

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