Ce n’est que s’il pénètre dans la salle et qu’il se retourne, prêt à ressortir, que le visiteur voit les photos satellites de Mishka Henner. Sept photographies de format carré, représentant des vues prises depuis le ciel : des champs cultivés, des forêts, des villes. Sur chacune, des polygones, le plus souvent dans les mêmes tons que le reste de l’image, occultent une partie de la vue. Il s’agit de la méthode utilisée par le gouvernement des Pays-Bas pour cacher les zones sensibles de son territoire : bâtiments de l’armée, dépôts d’essence... Mishka Henner les a repérées sur Google Earth, d’où il a extrait les photographies. Il en résulte des images très graphiques. Mais tous ces masquages sont-ils réels ? Henner en a-t-il réalisés certains à l’aide d’un logiciel ? Rien, dans l’exposition, ne permet de distinguer les deux possibilités.

En quittant l’exposition, le visiteur curieux se précipitera sûrement sur Google Earth. Il scrutera le territoire néerlandais. En s’aidant des légendes des photographies de Henner et s’il en a la patience, il débusquera les zones à polygones. Il zoomera et certaines des photos de l’exposition s’afficheront sur son écran. Certaines, mais pas toutes. D’autres vues, au contraire, n’offriront que champs et bâtiments. Masquage réel, masquage ajouté… Qui est l’artiste ? Mishka Henner, qui a fait s’interroger le public sur le phénomène de censure, ou le gouvernement des Pays-Bas, qui offre de si étonnants et si séduisants effets visuels ?

Tramé en altitude – Mishka Henner et Photogrammétrie de Montréal
Jusqu’au 5 janvier 2014

Musée McCord
690, rue Sherbrooke Ouest
Montréal
Tél. : 514 398-7100
www.musee-mccord.qc.ca(lien externe)

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Mishka Henner, NATO Storage Annex, Coevorden, Drenthe, 2011, de la série Dutch Landscapes. Avec l’aimable autorisation de l’artiste

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Mishka Henner, Mauritskazerne, Ede, Gelderland, 2011, de la série Dutch Landscapes.

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Image Google Earth, Esso, à Ede, Driesprong, Pays-Bas