Né le 18 février 1925, à Montréal, Marcel Barbeau côtoie dès 1942 Paul-Émile Borduas, d’abord à l’École du meuble où il suit ses cours de dessin, puis dans son atelier où il s’initie à l’expressionnisme abstrait. Il adhère naturellement aux activités du groupe des Automatistes. Il fait partie des seize signataires du manifeste Refus global le 8 août 1948. Il demeurera fidèle, souvent à son détriment, aux grands principes de liberté et d’indépendance exprimés dans le manifeste tout au long de sa vie d’artiste, qui s’échelonne sur plus de soixante ans.

Il est un des premiers artistes québécois de la modernité à percevoir la nécessité de la mobilité professionnelle. Dès 1952, il expose à New York. Entre 1957 et 1974, il circule à Vancouver, Paris, New York, Los Angeles. Aujourd’hui encore, il partage ses activités entre la France et le Québec.

Peintre, sculpteur, graveur, il étend ses créations au collage, à la photo, à la performance, à l’installation. Dès le début des années 1960, ses expositions personnelles et ses participations à des expositions collectives se multiplient au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Afrique du Nord. Peintre, il maîtrise avec un même bonheur l’abstraction gestuelle et le hard edge aussi bien dans l’austérité du noir et blanc que dans l’exubérance des couleurs; sculpteur, il exploite les modalités de l’assemblage non formel dans des constructions souvent monumentales dont certaines sont des œuvres d’art public; performeur, il intègre chorégraphie, musique et création visuelle, innovation que souligne à Paris au cours de l’été 2013 l’événement Nouvelles vagues organisé au Palais de Tokyo.

Artiste prolifique (sa production compte plus de 4000 œuvres), artiste innovateur et farouchement indépendant, Marcel Barbeau rejoint au palmarès du Prix Paul-Émile Borduas ses collègues Françoise Sullivan, Marcelle Ferron, Fernand Leduc et Jean-Paul Riopelle. Il était temps.

PS.: La revue Vie des Arts a consacré de nombreux articles aux travaux de Marcel Barbeau. On peut les consulter ici, sur ce même site Internet, à partir de l’onglet Magazine - Numéros archivés (pavé de droite, Archives Érudit.org).

Image
Marcel Barbeau
Photo : Rémy Boily