Une terrible assurance se dégage de quelques-uns de ces personnages. Le geste de Brian Finn saisit ce qu’en anglais américain on appelle attitude, et que, en français, on pourrait rendre par une certaine hauteur, la posture qui fait partie du personnage théâtral, situé entre barde et poète, qu’adoptent les chanteurs des ghettos noirs américains.

Dans le mot hip-hop, hip équivaut à cool, désinvolte ; hop remplace danser. Naguère – dans les années 1970 – rythme des ghettos noirs de New York, cette musique avec ses vidéos est devenue aujourd’hui la musique de la jeunesse du monde. Sur YouTube, le nombre de « visiteurs » des vidéos de Drake, Snoopy Dog, Easy E… se comptent en dizaines de millions.

Brian Finn dessine ses portraits au rythme de la musique hip-hop, le volume monté au maximum, pour ébaucher chacun des cent vingt interprètes représentés dans cet événement. « Le caractère se voit dans les yeux, explique le dessinateur. Le point blanc de la prunelle exprime l’attitude. Quand je déplace ce point, l’expression du visage change. » Finn s’inscrit dans une démarche photo-réaliste avec une pointe d’expressionnisme, ce qui aboutit à une forme d’hyperréalisme. La spontanéité du trait de l’artiste saisit l’aspect grotesque d’Easy E avec ses deux pistolets croisés en main, le regard menaçant de Jay Z, ou celui de Notorious B.I.G.

« Détrompons-nous, s’exclame Finn. J Blidge chante l’amour. Common dénonce la pauvreté. Talib Kweli, qui est musulman, nous parle de poésie. » L’histoire du hip-hop, expression de la culture d’un groupe opprimé récupérée par la très puissante industrie du disque, est une histoire de métamorphoses. Aux métamorphoses correspondent des masques. Les interprètes du hip-hop adoptent tous des pseudonymes, et l’attitude de défiance machiste exhibée par beaucoup d’entre eux correspond autant à un tempérament qu’à l’exigence de l’industrie du disque. Ecce homo.

Établissement qui défend l’art urbain (street art), la Galerie Station 16 accueille toutes sortes d’activités notamment la production de murales dont les meilleures restent visibles au-delà des délais propres à l’art éphémères. Ateliers d’impression de multiples, on y édite des sérigraphies dont les dimensions se prêtent à celles d’appartements courants. En proposant une exposition consacrée aux œuvres de Brian Finn liées à la musique hip-hop, la Galerie demeure fidèle à sa vocation de centre d’art expérimental.

HIP HOP - WANTED DEAD OR ALIVE
Commissaire : Pascale Montplaisir Jules
Galerie Station 16
3523, boul. Saint-Laurent
Montréal
Tél. : 514 831-0038

www.station16shop.com(lien externe)

Du 4 au 18 novembre 2013

 
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