Suivra Vasarely, évidemment, avec ses tableaux hyperconnus aux protubérances optiques. « Vasarely a utilisé sa notoriété, déjà grande à l’époque – nous sommes en 1955, à la première exposition d’art cinétique à la Galerie Denise Renée, présentant des œuvres de Vasarely, Tinguely, Agam, Sotto et Bury –, pour s’approprier la paternité de l’art cinétique », remarque le critique d’art Roger Bordier, contemporain de ce mouvement.

Ensuite, le film abandonne assez rapidement l’art optique pour se concentrer réellement sur son sujet : l’image mouvementée, l’image en mouvement, en donnant abondamment la parole aux artistes en première ligne de ce courant des années 1960: Yaacov Agam, Julio Le Parc, François Morellet, Soto. Certains d’entre eux étaient membres du GRAV (Groupe de recherche d’art visuel). Dans l’art cinétique, le visiteur est acteur, il doit toucher, manipuler. L’œuvre se transforme par son intervention. Des enfants s’amusent dans Le Labyrinthe de Julio Le Parc, de grandes tiges verticales mobiles entre lesquelles ils circulent. Le Cœur battant de Yaacov Agam oscille différemment selon l’endroit où on le touche, ce qui fait dire à l’artiste : « aux trois dimensions de l’espace, j’en ajoute une quatrième, celle du temps ». L’art arrête de représenter le mouvement, il l’utilise : ainsi les mobiles de Calder ou les structures mécaniques de Tinguely. Un extrait du film de Clouzot, La prisonnière, tourné dans la Galerie de Denise Renée, fait la part belle à l’art cinétique (les héros sont galeriste et artiste avant-gardiste) et baigne dans l’ambiance psychédélique des années 1960. L’art luminocinétique est également abordé, avec des œuvres de Schöffer et de Julio Le Parc.

Sylvain Roumette, le réalisateur, ne fait pas seulement œuvre d’historien de l’art. Il se tourne aussi vers les artistes contemporains : Philippe Decrauzat et ses travaux fondés sur le cinéma ; James Turrel, qui intègre le visiteur dans ses environnements ; Amish Kapoor, dont les miroirs brouillent la réalité ; Ann Veronica Janssens, aux installations immersives de lumière éblouissante.

L’image mouvementée
France / Sylvain Roumette / 2013 / couleur / 52 min / français
Image

Mercredi 26 mars 2014, à 21h
Musée d’art contemporain de Montréal – Salle Beverly Webster Rolph
Projeté avec Measuring Art

Samedi 29 mars 2014, à 13h30
Musée d’art contemporain de Montréal – Salle Beverly Webster Rolph
Projeté avec Measuring Art

 
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