Le thème choisi cette année est évidement une référence à la littérature et au cinéma de science-fiction. Science Faction interroge nos rapports vis-à-vis de l’évolution des technologies ainsi que nos approches des pratiques artistiques en parallèle de celles-ci. Ironie du sort, Eastern Bloc a été censuré il y a peu par Facebook, et ce, quelques jours avant le début du festival. La page dédiée à l’événement a été bloquée par la firme américaine, car des utilisateurs avaient dénoncé deux photos illustrant des performances. Dans un communiqué, Céline Escouteloup, chargée des communications, s’insurge : « N'est-ce pas une belle illustration des paradoxes de notre monde, dans lequel les moyens de communication et d’expression sont puissants et ouverts autant que fragiles et très facilement détournés à des fins parfois très douteuses ? ».

Cette journée d’ouverture reflète déjà la volonté du festival de s’inscrire en marge des pratiques artistiques ainsi que son engagement politique. À la Galerie Eastern Bloc, l’atelier Pirate Radio Transmission que propose l’artiste colombien Alejo Duque (qui n’a pu être présent pour des problèmes de visa) en est l’illustration parfaite. Tout au long de la semaine, il s’agira pour les participants de détourner des objets du quotidien et d’utiliser des logiciels libre accès afin de créer une radio FM pour finalement émettre une émission pirate (l’atelier sera ouvert toute la semaine).

L’installation d’Ally Mobs, Turntablism For The Hard Of Hearing : Harmonic Motion met quant à elle en scène une machine composée de deux tables tournantes et équipée de bras télescopiques placés à la place des vinyles. Lorsqu’elle est activée, la machine trace avec frénésie des lignes concentriques au stylo bille. Les formes qui émergent des ces dessins apparaissent comme une matérialisation des ondes sinusoïdale du son. En développant sa propre musicalité, l’objet prend vie en dehors de son créateur et crée une forme d’hypnose chez le spectateur par la répétition de ses mouvements. Mobs place l’automate comme une interrogation sur la relation entre la technologie et l’artiste. En effet, quel rôle revient à l’artiste lorsqu’un appareil est capable de produire des œuvres à l’infini sans l’aide de son créateur ? Est-il alors dépossédé de sa propre création ou est-ce simplement la projection de son ambition, de sa vision ?

La soirée d’ouverture s’est déroulée, hier soir, au pavillon de l’école des médias de l’UQAM. Les deux artistes new-yorkais Daron Murphy et Yoshi Sodekoa étaient invités à produire une version live de leur album concept Sibyl. Prenant comme point de départ la légende de la Sibylle de Cumes, l’œuvre mêle créations sonores et vidéos inspirées du rock progressif des années 1970. Il s’agissait ici de la première prestation live du duo qui a dû s’adapter « et recréer une nouvelle pièce à partir de ce qui avait déjà été crée » comme le précise le guitariste Daron Murphy. Le projet initial a vu le jour il y a quatre ans et continue, depuis, de croître par accumulation.

 
À voir ce mercredi 21 mai :

Ateliers
École des médias de l’UQAM (11h-18h) :

_Between 0 and 1-Anne Goldenberg (ca)-Elise Hardy (ca)-Pascale Gustin (fr)-Valentina Vuksic (ch)

Eastern Bloc Lab (11h-18h) :

_Pirate Radio Transmissions (micro-fm)- Alejo Duque.

Conférence
École des médias de l’UQAM (19h) :

_"La Trahison Des Images" : point de non-retour pour les sciences fictions et corps sans organes à l'heure d'une médiation omniprésente.- Beth Coleman (ca)

Performances
École des médias de l’UQAM (20h-23h) :

_Turntablism For The Hard Of Hearing-Ally Mobbs (Jp)
_Monochrome Layering-Christian Faubel (De) ;Ralf Schreiber (De) ;Tina Tonagel (De).

_Phonotube-Arcángel Constantini.

 
La programmation complète est disponible ici(lien externe)

 
Ally Mobs
Turntablism for the hard of hearing
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Daron Murphy et Yoshi Sodekoa
Sibyl
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