On notera celle du Danois Christian Faubel (qui participait également à la performance Monochrome Layering). Chrystal Forming Robots On Overhead consistait à reproduire des formes cristallines à partir de petits robots posés sur un projecteur. Les robots miniatures sont équipés de capteurs qui réagissent à la chaleur. Dès que ceux-ci ont emmagasiné suffisamment d’énergie, leur moteur s’active, provoquant leur déplacement sur la plaque du projecteur. C’est dans un surprenant soubresaut que les robots s’agitent de façon aléatoire pour recréer une forme nouvelle. Grâce aux aimants dont ils sont dotés, ces minuscules mécanismes s’attirent et se repoussent constamment, la projection de leur va-et-vient fait alors émerger des structures cristallines à la forme changeante sur l’écran. La vidéo s’appréhende ici comme un microscope où l’on assiste aux étapes de la formation des minéraux.

L’installation d’Erin Sexton mettait elle aussi en scène le processus de création des cristaux. En fixant des éléments chimiques sur différents supports (liège, tiges de fer) et en les reliant à des électrodes, l’artiste crée artificiellement des cristaux. Une fois fixés sur ces supports, ils sont ensuite reliés à des circuits électriques tactiles et à un oscillateur de tension. Ils deviennent alors conducteurs et amplificateurs du son et de l’électricité. Le spectateur découvre non seulement les résultats des expériences de l’artiste in situ, mais l’expérience est également prolongée par la diffusion d’une vidéo. Celle-ci met en scène les expériences qu’elle a menées au cours de la cristallisation. Cette micro-fiction se déroule sur deux écrans, soit simultanément, soit en différé. Par ce procédé, l’artiste opère un discours entre le microcosme et macrocosme et plonge le spectateur au cœur de ses expériences.

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Christian Faubel
Chrystal Forming Robots On Overhead

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Erin Sexton
Crystalline Domain