À n’en point douter, l’artiste – qui a jadis fait du théâtre et passé les auditions pour les écoles d’art dramatique –, a le sens du récit et de l'interprétation. Toute sa démarche s’inspire de la mythologie et du conte. Pour le projet Warmblood (le nom anglais que l’on donne à la race demi-sang chez les chevaux), Vicky Sabourin s’est inspirée d’un épisode authentique du XIXe siècle où un cavalier américain, perdu dans un lieu hostile, a dû sacrifier son cheval pour survivre, en se réfugiant dans son ventre…

Ainsi, l’élément central de l’installation est une jument (fabriquée par Vicky Sabourin) étalée sur le sol, dont l’artiste (cheveux longs détachés, pieds nus et vêtue d’une chemise blanche) prend soin comme de la prunelle de ses yeux avec des gestes d’une lenteur grave et cérémoniale. Car le propos de Vicky Sabourin se veut très loin du caractère trash des histoires qui l’inspirent. Cette œuvre – comme la précédente présentée à la Maison des arts de Laval en juin dernier – constitue une sorte de réponse poétique à la violence des récits qu’elle entend.

C’est en effet avec beaucoup d’onirisme et de délicatesse que Vicky Sabourin suggère un dialogue avec l’animal, allant parfois jusqu’à se fondre en lui, comme dans le moment où elle est couchée dans le ventre de la bête, laissant dépasser ses jambes nues. Outre le recours à l'anthropomorphisme, le spectateur décèle dans ce travail un questionnement de nature éthique sur la manière de traiter les bêtes. Quand on sait ce qui se passe chez certains éleveurs ou exploitants de produits d’origine animale depuis l’arrivée de la société de consommation et celle de la mondialisation des marchés, ces questions sont particulièrement pertinentes !

Jusqu’au 4 octobre
L’artiste offrira sa performance les samedis 27 septembre et 4 octobre, de 14h30 à 17h.

Galerie Trois Points
372, rue Sainte-Catherine Ouest
Local 520
Montréal
Métro Place des arts
Tél. : 514 866-8008

 
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Photos : Guy L’Heureux