Alternant reconstitutions (très finement réalisées et intégrées au propos), documents d’archives et témoignages d’experts et de survivants, ce beau film artistique (dès la première image, on est conquis par ses qualités cinématographiques) évoque quelques-unes des figures marquantes de ce «cabaret de la mort » qui continuèrent de divertir, de faire rire et d’émouvoir jusqu’à la fin, comme un ultime pied de nez à la mort et au désespoir.

Que ce soit Rubinstein (dont on ne connaît pas le prénom), Fritz Grünbaum (artiste de cabaret autrichien décédé à Dachau), Władysław Szlengel (acteur et poète polonais exécuté lors du soulèvement du ghetto de Varsovie en mai 1943), Kurt Gerron (acteur et réalisateur allemand), Max Ehrlich (acteur, scénariste et réalisateur allemand) ou Wiera Gran (actrice et chanteuse que l’on surnommait l’Édith Piaf polonaise), ils sont tous présentés avec sensibilité et justesse. Seul survivant, Leopold Kozłowski, désigné le « dernier musicien klezmer », le dit sans ambages : la musique m’a sauvé la vie. C’est sur lui que se termine cette épopée humaine touchante, mais jamais larmoyante, d’un épisode tragique de notre histoire, déjà embrassé par Roman Polanski dans The Pianist.

Un très beau film sur les pouvoirs infinis de l’art.

The Cabaret of Death
Pologne / 2014 / Couleur, N. et B. / 95 min / polonais s.t. anglais

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La programmation rapprochée des deux seules projections (samedi 21 mars et dimanche 22 mars) ne nous ont pas permis de diffuser cette critique avant une projection.