L’horizon du visiteur, dès son entrée, s’emplit de Feu (2005), œuvre de cinq mètres de long sur deux mètres cinquante de haut. Un paysage dévasté, le soleil rouge d’une ville en feu dans le lointain. Pas d’arbre, pas de végétation. Un cratère au premier plan. Des pierres, et du noir. Un paysage qui pourrait évoquer la Lune si le regardeur ne savait pas pertinemment qu’il a devant lui une vision d’apocalypse de notre bonne vieille Terre.

L’homme est passé par là. L’homme qui apparaît dans les autres tableaux de Vladimir Velickovic, ou ses semblables. Les hommes éventrés sont les victimes. Où sont les bourreaux? Est-ce les mêmes?

Pas de scènes de guerre ou de massacre dans les œuvres de Velickovic. Juste leurs sinistres résultats. Les corbeaux sont les maîtres de ce nouveau monde. Noirs et menaçants, d’une taille monstrueuse, becs agressifs. Mais dans d’autres œuvres, comme Corbeaux (2008), à peine esquissés, comme d’inoffensifs moineaux qui picorent. La banalité de l’après-combat. Un malaise (une menace?) plane sur cette scène grise, à l’apparente tranquillité. On pense au poème de Rimbaud, Le dormeur du val. C’est peut-être la seule scène de ce type; toutes les autres exhibent des corps sans tête, ou des têtes sans corps, des corps éventrés, des entrailles exposées, des hommes pendus par les pieds.

Œuvres de souffrance, toujours recommencées. Le peintre, profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale, témoigne, inlassablement, des horreurs de la guerre, mais la peinture nֹ’a pas, pour lui, valeur d’exorcisme salvateur.

VLADIMIR VELICKOVIC

Du 21 mars au 21 juin 2015

1700 La Poste¸
1700, rue Notre-Dame Ouest
Montréal
Tél. : 438 384-1700
www.1700laposte.com(lien externe)

 
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Feu, 2005
Huile sur toile
250 x 500 cm

 
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Corbeaux, 2008
Huile sur toile
225 x 165 cm