Le travail de Cal Lane soutient un discours critique sur la culture du déchet qui caractérise notre époque. En effet, le fait de récupérer des vieux réservoirs et des armatures de tôle et de les utiliser comme matériaux de base comporte un commentaire sur l’environnement, plus spécifiquement sur la surconsommation. Mais cette dimension politique, fort pertinente par ailleurs, n’est pas en premier ce qui interpelle le spectateur. Ce qui frappe l’œil – et qui force l’admiration –, c’est tout le travail d’ornementation et de fins détails qui semble émaner naturellement de ce matériau réputé incompatible avec la délicatesse.

Cal Lane transforme de main de maître ce qui est apparemment opposé en quelque chose de complémentaire et d’unifié. Elle réussit à faire apparaître de la pure beauté à partir d’objets insignifiants, voire rebutants. Qui donc a proclamé «la fin du beau» comme paradigme premier de l’art contemporain ? Cal Lane – comme certains autres de ses collègues – démontre tout à fait le contraire.

La Maison de la culture présente une dizaine de pièces, mais pour le visiteur qui a déjà vu les précédentes expositions de l’artiste – notamment Veiled Hood, Ammunition, Car Bombing et Domesticated Turf –, il y a un risque de déception. Bien que les œuvres soient représentatives de la démarche de l’artiste et que certaines d’entre elles retiennent l’attention (Oil Fired Tanks, I-beams, Car Door), l’ensemble n’est pas aussi convainquant que les propositions mentionnées ci-haut. La lumière, notamment, n’est pas assez exploitée. C’est dommage, lorsqu’on sait que chez Cal Lane, l’ornementation est souvent accentuée par des jeux d’ombres sur les murs ou le sol.

Ses fans attendent sûrement avec impatience la présentation de ses nouvelles œuvres chez Art Mûr, mais pour les autres, ce sera une très belle découverte !

Cal Lane
Décontenancer
Jusqu’au 13 septembre 2015

 
Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce
3755, rue Botrel
Montréal
Tél. : 514 872-2157
Métro Villa-Maria, autobus 24
Métro Vendôme, autobus 102

 
Image

Image

Image

Image

Photos : Stéphanie Chalut