Les danseurs commencent par montrer les ondulations de leur corps : il paraît clair alors qu’ils incarnent des cordes, des lianes, des fils, des câbles justifiant leurs contacts comme des liens. Et, très vite, ils s’entrelacent, s’entremêlent, se nouent, se dénouent. Les relations se complexifient, s’embrouillent, s’effilochent, se distendent, se conjuguent à nouveau.

Ismaël Maouraki se plaît à montrer avec une fluidité qui est le propre du flux incessant de la vie avec ses passions, ses accrocs et ses moments de grâce, les infinis jeux d’attraction et de répulsion qui lient hommes et femmes.

Éclairages, vêtements «ordinaires», postures des acteurs, déformation au sol des espaces lumineux concourent à soutenir le thème et ses variations que souligne à peine la fin de chaque tableau qui exprime la séduction, l’indifférence, la joie, la monotonie, des retrouvailles, une séparation.

Le spectacle s’achève forcément sans dénouement puisqu’il n’y a pas de drame irréversible et que la vie continue pour les cinq protagonistes. Ils servent tous à merveille le propos du chorégraphe en prêtant leur corps à des satisfactions tantôt narcissiques, tantôt altruistes typiques des comportements qui se déploient dans la sphère domestiques ou la sphère publique aussi bien la rue, le bureau que le centre d’achat, sphère toujours circonscrite comme un huis clos.

 
LIEN(S)
Chorégraphie :Ismaël Mouaraki
Interprétation : Joe Danny Aurélien Geneviève Boulet, Jossua Collin, Félix Cossette, Geneviève Gagné
Scénographie : Marilène Bastien
Conception des éclairages : Paul Chambers
Conception des costumes : Angela Rassenti
Production : Destins croisés
AGORA DE LA DANSE
Du 3 au 5 février 2016

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