Mais depuis quelques années, l'artiste construit également un corpus d'œuvres 2D très personnel composé de broderie et de textile. Coup d'œil sur sa plus récente exposition solo qui a lieu en ce moment à la Maison de la culture Côte-des-Neiges.

Pour les habitués des Fermières obsédées, il est facile de reconnaître les influences esthétiques du collectif dans le travail d'Eugénie Cliche. Les œuvres de la série Les états, très expressives, vont notamment dans cette direction : fils à coudre multicolores en broussaille, masses touffues, traits de crayon vifs et disloqués. Au travers cette agitation rythmée, des personnages féminins délicats ressortent ici et là.

En quête d'un filon directeur – le visiteur attentif perçoit la recherche d'une signature 2D qui est bien présente, mais encore en ébullition –, c'est à vrai dire dans ces instants de féminité assumée que l'artiste réussit le plus à convaincre. Les pièces Mémorial I et II sont à cet égard les plus abouties (mais mentions spéciales à Taureau de l'informe, et Le rideau tombe où l'artiste s'approprie bien le récit).

Compositions amples, évocatrices et riches en détails, Eugénie Cliche offre ici un raffinement pictural maîtrisé. Les éléments de broderie et de dessins sont imbriqués de manière heureuse, le style est affirmé.

Une exposition pleines de promesses, où la brûlure de la passion sous-entendue (d'où le titre de l'exposition probablement) est abordée de manière singulière et fort créative !

 
L'Ile là où le feu prend de Eugénie Cliche
Jusqu'au 28 février à la "Maison de la culture Côte-des-Neiges"(lien externe)
5290 Chemin de la Côte-des-Neiges
Métro Côte-des-Neiges
T 514.872.6889

Photos: Guy L'Heureux

Vue d'ensemble, 2015
Vue d'ensemble, 2015
Mémorial I et II, 2015
Les états, 2015