Dans le monde de la mode, Marie Saint Pierre est une créatrice à plein temps. Comme peuvent l’être, dans leur propre domaine, les peintres et les sculpteurs. Peintres dont Riopelle, ami de sa famille, à l’atelier duquel elle pouvait aller quand elle voulait, a été pour elle un exemple vivant. « À moi qui détestais l’école avec tout ce qu’on voulait m’y imposer, Jean-Paul fournissait la preuve que je n’étais pas la seule à voir le monde d’une façon différente. »

Ses parents, aussi, ont laissé leur trace. Sa mère, Réjane, était l’élégance même, celle que l’on devine sans la voir, et son père, radiologue, d’une incroyable énergie au travail. Un jour, à 15 ans, raconte-t-elle dans ses Entretiens parus en 1997 aux Éditions Liber, son père lui avait rapporté de Paris un grand carré de soie qu’elle a porté de façon différente une centaine de fois, et « dont on me fit souvent compliment ».

Cette connivence avec le tissu, elle continue à la rechercher. Dans le film, on la voit draper un vêtement sur une de ses collaboratrices, bougeant le tissu dans tous les sens, le tâtant pour en sentir le poids, la texture, l’élasticité car le tissu est pour elle, comme le marbre pour le sculpteur, son matériau. D’ailleurs, après avoir songé à étudier l’architecture, elle a opté pour la création de mode, pour elle « sculpture en mouvement ».

Aujourd’hui, sa seule créativité alimente un réseau de 36 collaborateurs pour une production constamment active. Elle a pour associée sa sœur Danielle, qui voit au bon déroulement des opérations et porte ses créations à merveille.

Convaincue que l’art apporte un élément positif dans la vie de tous, Marie Saint Pierre fait partie du conseil d’administration de la MU, qui s’occupe de l’installation de murales dans la ville. Sensible aux besoins des autres, quand elle travaillait rue Saint-Ambroise, à Saint-Henri, elle a mis sur pied un système d’aide pour fournir des vêtements d’hiver aux enfants de ce quartier pauvre.

Janice Zolf, réalisatrice du film et productrice à la télévision ontarienne, suit Marie Saint Pierre depuis le prix Woolmark, gagné il y a 20 ans, certaine déjà qu’elle était destinée à aller loin.

 
MARIE SAINT PIERRE SE RÉVÈLE, 38 min. couleur.
Le samedi 12 mars 2016 à 19h30 au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Suivi d’un entretien entre Janice Zolt et Marie Saint Pierre.

Autre séance : lundi 14 mars 2016 à 15 h , suivi de Un homme de danse, au Centre canadien d’architecture.

 
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