Cette fois encore, l’événement est organisé par Future of Story Telling (FoST) de New York qui le produit en partenariat avec le centre PHI. La sélection de cette année vaut le détour.

S’il est clair que nous apprécions tous de nous faire raconter des histoires, les mécanismes qui nous font aimer cette expérience sont complexes.

Pour Charles Melcher, fondateur et directeur de Future of Story Telling, notre attention se retrouve décuplée dès lors que nous sentons que nous avons un rôle dans l’histoire, que nous pouvons influer sur son déroulement au point d’en devenir nous-mêmes des co-auteurs.

C’est précisément ce que la nouvelle génération de « récits immersifs » tente de faire. Comment les pionniers des technologies émergentes qui ont été invités s’y prennent-ils ?

The Turning Forest d’Oscar Raby par exemple est un conte de fées en réalité virtuelle dans un pays imaginaire : une fois que l’on a posé le casque-visière sur les yeux et sur les oreilles, le paysage tridimensionnel qui s’ouvre devant nous – ou plutôt tout autour de nous puisque filmé à 360 degrés – nous donne réellement l’impression d’en être partie prenante, de côtoyer de près ces figures et ces végétaux fantastiques qui sont là, réagissent à notre regard, se rapprochent ou s’éloignent de nous; les sons voyagent autour de nous aussi; ponctuellement, des vibrations émises depuis le dossard rembourrés que l’on a enfilé au début renforcent l’illusion.

J’avoue avoir réellement eu peur de me faire avaler par le monstre de la forêt qui a surgi près de moi avant de réaliser que, plein de bonnes intentions, il m’emmènera dans un autre royaume tout aussi mystérieux.
Dans un autre registre, la caisse de métal dans laquelle on propose au visiteur de s’enfermer en position allongée (Famous Deaths, Sense of Smell, Pays-Bas, 2014) pour y ressentir dans le noir le plus total l’ambiance qui a entouré les derniers moments de John F. Kennedy recrée un fragment du passé à l’aide de l’olfaction et l’audition.

Nomads : Sea Gypsies (2016, Felix & Paul Studios) propulse le visiteur au milieu des Badjaus, un peuple nomade qui vit sur la mer au nord de l’île de Bornéo.

Sorte de voyage tourné vers la vision intérieure, Notes on Blindness constitue une expérience émouvante où l’on partage les réflexions de l’écrivain John Hull confronté à la perte progressive de sa vision.

D’autres œuvres proposent de vivre une expérience ludique (en interagissant avec un écran d’ordinateur) où l’on se compose de nouvelles identités, une situation avec laquelle les amateurs de jeux vidéos seront très à l’aise.

Deux installations placent les visiteurs face à un écran en leur donnant la possibilité d’intervenir sur la combinaison de séquences d’images (Seances de Guy Maddin, Evan Johnson et galen Johnson et l’ ONF) ou sur le développement du scénario (Late Shift, Tobias Weber, 2016), en d’autres mots d’être co-auteurs de l’œuvre.

Toutes les œuvres requièrent un âge minimum de 13 ans (18 ans et + pour l’installation Seances), mais les enfants de 12 ans et moins sont admis gratuitement.

Note : Tant le Centre PHI que le site de Future of Story Telling fournissent des informations, des entretiens et des exemples très utiles pour compléter ses connaissances sur le sujet.

Sensory Stories : Donner corps au récit à l'ère numérique
Centre PHI
407, rue Saint-Pierre
Montréal
Du 14 juin au 21 août 2016

Place D'Armes->
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Centre PHI(lien externe)
Future of Story Telling(lien externe)

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