Date de tombée : 14 juillet 2021

No 264 : Rubriques récurrentes non thématiques

Vous avez vu une exposition, assisté à un événement ou une manifestation artistique, lu un livre sur l’art publié récemment, ou vous voulez nous faire part d’un enjeu concernant les arts qui vous tient à cœur ? Envoyez-nous vos intentions pour la rédaction d’un article pour les rubriques récurrentes non thématiques suivantes :

Perspectives : nouvelles brèves collées à l’actualité des arts visuels au Québec et au Canada. Le style d’écriture est plus informatif qu’analytique, et les textes sont écrits de manière à mettre en perspective un enjeu d’actualité ciblé (portée sociale, politique ou collective d’un sujet sur l’art) ou font part d’une nouveauté du milieu de l’art (prix, nominations, nouveaux programmes, etc.).

Visites : couvertures d’expositions ou d’événements en cours ou terminés au plus tard deux mois avant la date limite de l’appel de propositions actif. L’objectif de ces couvertures est de faire comprendre les thèmes soulevés par l’exposition ou l’événement, en relation avec le corpus des artistes. L’autrice ou l’auteur est invité à développer un point de vue original sur les œuvres et faire preuve d’un engagement discursif avec son sujet en orientant son propos autour d’une idée ciblée et en évitant une approche strictement descriptive. L’utilisation de citations et de concepts théoriques est suggérée pour appuyer la discussion des œuvres, et l’emploi des notes de bas de page doit être limité.

Lectures : comptes rendus d’une publication sur l’art parue au courant de la dernière année. Le style d’écriture est descriptif et vise à résumer l’ouvrage et à le situer dans le contexte actuel.

Vie des arts priorise les propositions de sujets qui reflètent l’écriture de son autrice ou de son auteur : en d’autres termes, votre proposition doit être dynamique et nous donner un aperçu de votre style de rédaction !

Toutes les soumissions pour les rubriques récurrentes non thématiques doivent inclure le sujet anticipé selon la rubrique envisagée, ainsi qu’une description de l’angle critique qui sera utilisé pour la rédaction (250 mots), trois extraits de textes antérieurs (publiés ou non) ainsi qu’une courte biographie de l’autrice ou de l’auteur (30 mots), et être envoyées à redaction@viedesarts.com avant le 14 juillet 2021. Nous ferons un suivi avec les propositions pressenties et les textes finaux, suivant l’entente préalablement prise avec la rédaction, devront être rendus au courant du mois d’août 2021. Veuillez noter que les propositions d’artistes portant sur leur propre travail seront refusées.


No 265 : Dossier « Matières textiles »

La place qu’occupe le textile dans l’histoire de l’art a été plus d’une fois reconsidérée dans les théoriques critiques. Tantôt mise à l’écart pour justifier une définition de l’art tournée vers une esthétique hégémonique (la catégorie des beaux-arts ayant longtemps exclu l’art textile de sa définition), tantôt valorisées pour leur potentiel artistique ou esthétique (que l’on pense à l’Art nouveau, à l’école du Bauhaus ou aux pratiques féministes), les matières textiles occupent une position antagoniste en art et dans son histoire, offrant malgré tout un potentiel énorme aux artistes qui veulent investiguer la matière pour sa complexité discursive et mnémonique.

Les théories postmodernes – qui ont fait de la déconstruction leur méthodologie principale, suivant les textes phares des philosophes Michel Foucault et Jacques Derrida – offrent un héritage certain pour les historiennes et historiens de l’art contemporain qui sont animés par cet éclatement disciplinaire. L’emploi du textile ou des procédés « domestiques » ou « féminins » s’est anobli et ces matériaux ont été considérés comme étant autant porteurs de création que le bois, le métal, l’argile, l’encaustique. Le textile a grandement participé à cet éclatement des catégories dans le champ artistique, notamment en raison du travail de toute une génération d’artistes femmes qui revalorisaient ainsi le savoir issu du matrimoine : la couture, la broderie, le perlage, le tissage, la tapisserie, le crochet, le tricot, la teinture, l’imprimé sur tissu ont fait un retour en force dans l’art des cinquante dernières années pour mettre en évidence les mécanismes d’inclusion et d’exclusion à l’œuvre dans les divisions entre les différentes catégories artistiques possibles. Le potentiel du textile à créer un trouble n’est donc plus à prouver, et maintenant que nous bénéficions de cette généalogie critique riche pour la création, il nous revient désormais de nous demander ce qui motive les artistes qui n’ont cessé depuis d’avoir recours aux techniques, autant manuelles qu’industrielles, de la création textile.

Suivant cet élan, nous nous pencherons avec ce dossier thématique « Matières textiles » sur les œuvres qui emploient les matières textiles et les savoirs qui leur sont associés : des fibres naturelles, minérales, végétales, synthétiques ou technologiques (géotextiles, biotextiles, fibre optique), les matières animales, la laine, le cuir, la fourrure, la soie ou tout autre élément employé dans la création de tissus et leur ornementation. Lorsque le tissu et la fibre sont travaillés à la main, le corps tout entier se dédie à son maniement et, dans certains cas, il côtoie la matière beaucoup plus intimement car il relève aussi du domaine corporel ou charnel : pensons aux vêtements, linceuls, couvertures… Et si ce n’est pas destiné à des usages strictement réservés au corps, le textile peut ajouter une qualité haptique à l’œuvre par la variété de ses couleurs et ses textures qui participent à la tactilité ou à la sollicitation et l’apaisement des sens concernés par l’art. Des textiles souples, lourds, légers, transparents, opaques, qui absorbent les réverbérations sonores ou qui sont hydrofuges, etc., apportent aux œuvres des qualités sensorielles tout à fait variées qui génèrent chacune, à leur façon, des procédés perceptuels riches. On verra ainsi les textiles intégrés à des œuvres de manières transdisciplinaire, sensorielle et affective. Peut-être plus que pour d’autres matériaux, les savoir-faire du textile proviennent souvent d’une histoire familiale, intergénérationnelle, culturelle ou interculturelle : tous ces usages domestiques comme ceux plus nobles, symboliques ou ritualisés, sont autant d’enseignements culturels ou familiaux que peuvent employer les artistes dans leurs œuvres et qui en impactent la signification.

Avec l’émergence des théories de l’affect dans le domaine des sciences humaines et sociales, qui considèrent aussi le bagage émotif implicite à la réception individuelle de toute œuvre d’art et qui renouvellent nos relations aux objets de manière affective et incarnée (Thielemans, 2016), pourrait-on considérer le textile, en raison de sa position antagoniste et de sa condition matérielle, comme un lieu propice pour le développement de nouvelles pensées critiques en art ? Le textile peut-il donner lieu à des collaborations intergénérationnelles comme méthode de création artistique ? Que doit-on apprendre, voire désapprendre, de notre époque pour renouer avec les traditions qui nous précèdent ? Comment considérer ces matières, dont la spécificité en tant qu’objet réside dans des trajectoires multidirectionnelles définies selon diverses circonstances etleurs fluctuations au fil du temps ?

Toutes les soumissions pour le dossier doivent comprendre une proposition de texte en lien avec la thématique, incluant le sujet anticipé (350 mots), la liste des artistes et des œuvres qui seront analysés dans le texte, trois extraits de textes antérieurs (publiés ou non) ainsi qu’une courte biographie de l’autrice ou de l’auteur (30 mots), et être envoyées à redaction@viedesarts.com avant le 14 juillet 2021. Nous ferons un suivi avec les propositions pressenties, et les textes finaux, suivant l’entente préalablement prise avec la rédaction, devront être rendus au courant du mois d’octobre 2021.

Les propositions pour les Portraits d’artistes doivent désormais répondre au thème annoncé du dossier thématique.

Veuillez noter que les propositions d’artistes portant sur leur propre travail ne seront pas considérées.


Dans l’optique de favoriser une pluralité de voix et de regards sur l’art actuel, Vie des arts souhaite lancer une invitation spécifique, mais non exclusive, aux personnes autochtones et racisées afin qu’elles puissent soumettre une proposition d’article.