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Date de tombée : 28 mars 2022

Deux appels en cours / Dossier #268 et Rubriques récurrentes #267

No 268 : Dossier « L’art à l’épreuve des matériaux »

No 268, Automne 2022 (parution : décembre 2022)

De quoi les artistes ont-ils besoin pour produire des œuvres ? Quelle est la responsabilité derrière le choix des matériaux et comment répondre à l’accessibilité changeante des ressources ? Peut-on anticiper, par l’œuvre, de nouveaux moyens de réfléchir à notre usage de la matière ? Par ces questions, nous cherchons à initier une réflexion écrite sur les matériaux employés en art, à la lueur de l’impact de la crise sanitaire sur la raréfaction des ressources et leur disponibilité affectée ; cette nouvelle donne révèle également les failles des réseaux internationaux de production et de commerce dans la mondialisation, qui ont précipité les transformations climatiques que nous connaissons maintenant trop bien. Ces échanges internationaux avaient en effet déjà exacerbé les possibilités d’accès aux ressources matérielles, et maintenant, le besoin de faire des choix plus minutieux, sensibles et responsables ne s’est jamais fait aussi fort. Les constats qui en découlent amènent les artistes à ajouter dans l’équation de leur travail les enjeux éthiques et écoresponsables qui englobent notre production matérielle.

Soucieuses ou soucieux de ces implications, de nombreux artistes s’engagent dans des pratiques de déplacement d’objets. Déjà inscrits dans la création depuis le minimalisme et le post-minimalisme, cette méthode qui consiste à déplacer des objets ou des matériaux pour en faire œuvre se manifeste par l’emploi de matières brutes (acier, bois, métal) ou par l’usage de matériaux qui sont extirpés de leur fabrication industrielle pour intégrer directement le circuit de l’œuvre d’art. De ces manières de réemployer ce qui existe déjà, on retient que l’œuvre devient un moment, ou une étape, parmi tous les déplacements qui composeront le cycle de ses composantes. On s’occupe désormais à gérer l’après-œuvre, pour offrir une seconde vie aux éléments qui la composent, mais ce sont aussi ces mêmes déplacements matériels, rendus possibles dans la mondialisation, qui posent aujourd’hui un dilemme éthique et écologique. D’autres artistes en viennent ainsi à choisir des matières périssables ou locales, afin d’amoindrir leurs effets sur les écosystèmes naturels. En suivant un désir de revenir vers la nature ou d’employer des produits non synthétiques (teintures, pigments ou encres écologiques, etc.), les artistes et les centres de production développent des solutions pour éviter la toxicité des composantes utilisées dans l’œuvre, de même que celles ayant des coûts énergétiques énormes. Cet engagement ne se reflète pas toujours comme sujet des œuvres ; les artistes dénotent plutôt une attention soutenue à leur méthode de création selon la responsabilité citoyenne qui nous incombe, toutes et tous, de mieux choisir le fruit de notre consommation.

La composition parfois toxique ou énergivore des matériaux n’est plus à prouver et concerne de nombreux spécialistes à l’œuvre : porté principalement par des restaurateurs et des conservateurs, le savoir technique nécessaire à la pérennité de l’art – voire, au contraire, à son aspect périssable – est, cela dit, transmis par l’artiste, les centres de production et les fournisseurs en raison de la relation étroite et continue qu’ils développent avec les matériaux, au moment de la production de l’œuvre. Ces choix – réduire son empreinte, accéder à des ressources locales ou écoresponsables, employer ou créer des pigments naturels, agir pour la pérennité, etc. – se répercutent nécessairement sur l’esthétique, dont le résultat est étroitement lié aux conditions de fabrication de l’œuvre d’art.

Plus encore, on remet aujourd’hui au cœur du débat le fait qu’il y ait des implications humaines et éthiques derrière l’emploi des matériaux, que l’accessibilité dont nous bénéficions envers certains biens relève de réseaux d’exploitation économique mondiaux, et que des problèmes philosophiques concernant la relation entre le vivant et le non-vivant adviennent aussi parce que nous concevons les ressources naturelles comme un produit mis à notre disposition. On cherche ainsi une cohérence entre le sujet de l’œuvre et sa méthode de fabrication. Cette prise de conscience, favorisée principalement par des théories croisées de la décolonisation et de l’écologie (Malcom Ferdinand) ainsi que du néo-matérialisme (Jane Bennett, Karen Barad) qui n’ont cessé d’influencer les artistes sensibles à ces enjeux, s’explique en partie par l’attention grandissante envers la vitalité des éléments naturels et des ressources au-delà de l’exploitation coloniale, ces derniers étant considérés comme dynamiques et ayant leurs propres conditions et leur propre temporalité. Cette tension renouvelée, en appui à des questionnements sur la matérialité de l’art qui ont déjà cours, met l’emphase sur un constat : l’œuvre ne peut jamais être tout à fait immatérielle car ses conditions d’énonciation, peu importe leur forme, trouvent leurs effets sur le monde selon les réseaux en place. Une œuvre numérique nécessite un support informatique, des câbles et des fermes de serveurs par exemple, qui ont leurs propres conditions énergétiques ; autant qu’une peinture d’acrylique nécessite un liant fait de résine synthétique pour unir ses pigments et activer leur brillance ou la pérennité de leurs composantes. Ces produits ou ces supports proviennent parfois de très loin, ou sont accessibles en raison des systèmes internationaux d’exploitation humaine et naturelle. Cependant, en raison aussi de cette nature d’énonciation physique – et qui peut également être organique –, l’art est peut-être plus à même de refléter et d’anticiper les orientations nouvelles qui émergent dans notre relation au vivant, ou du moins celles que nous espérons pouvoir suivre dans l’imagination d’un futur plus harmonieux et équitable.

Les enjeux qui se cachent derrière la production de l’art en impliquent finalement d’autres de l’ordre de l’économie, des droits du travail, de l’écologie, de l’accès ou de l’usage des ressources, de la transformation industrielle, de la manutention, de l’anthropocène… Par le dossier « L’art à l’épreuve des matériaux », nous cherchons des propositions d’articles qui s’engagent éthiquement envers la production de l’art et les matières employées à cette fin. Quelles stratégies les artistes, les centres de production et les établissements muséaux ont-ils mis en place au fil des siècles pour assurer la gestion de leurs matériaux, et aussi après la présentation de l’œuvre ? Et quelles potentialités sont-elles mises au monde par les artistes qui raffinent leur technique selon cette éthique ? Peut-on y cerner de nouvelles matérialités qui cherchent à minimiser spécifiquement leurs effets sur le monde ?

Les propositions attendues des autrices et des auteurs peuvent aborder les enjeux humains derrière l’accès aux ressources naturelles et industrielles au prisme de l’art ; témoigner de l’intérêt accru des artistes envers les produits naturels, à la tension renouvelée entre la production et la pérennité, voire l’aspect périssable des matières, ou à la réutilisation de matériaux et à leur transformation dans une démarche globale et continue d’une pratique artistique sur le long terme. Autrement, il pourrait s’agir de développer des hypothèses sur les nouvelles matérialités de l’art et sa manutention ; plonger dans une réflexion autour de l’écoresponsabilité des artistes, des centres de production et des institutions artistiques ; enfin, déboulonner la fausse opposition entre matériel et immatériel mettant en valeur l’effet que les choses trouvent sur le monde. Les autrices et les auteurs devront faire la démonstration d’une pensée originale sur ces enjeux tout en s’intéressant à un-e ou plusieurs artistes dont la pratique est emblématique d’une attention soutenue aux matériaux. Elles et ils sont invité-e-s à poser leur regard au-delà de l’œuvre en elle-même pour s’engager envers les processus de production en entier, avant la diffusion de l’œuvre, et lors du démantèlement, après la tenue de sa présentation publique.

Toutes les soumissions pour le dossier doivent comprendre une proposition de texte en lien avec la thématique, incluant le sujet anticipé (350 mots), la liste des artistes et des œuvres qui seront analysés dans le texte, trois extraits de textes antérieurs (publiés ou non) ainsi qu’une courte biographie de l’autrice ou de l’auteur (40 mots), et être envoyées à redaction@viedesarts.com avant le 28 mars 2022. Nous ferons un suivi avec les propositions pressenties, et les textes finaux, suivant l’entente préalablement prise avec la rédaction, devront être rendus au courant du mois de juillet 2022.

Les propositions pour les portraits d’artistes doivent désormais répondre au thème annoncé du dossier thématique.

Veuillez noter que les propositions d’artistes portant sur leur propre travail ne seront pas considérées.

No 267 : Rubriques récurrentes non thématiques

No 267, été 2022 (parution : septembre 2022)

Vous avez vu une exposition, assisté à un événement ou une manifestation artistique, lu un livre sur l’art publié récemment, ou vous voulez nous faire part d’un enjeu concernant les arts qui vous tient à cœur ? Envoyez-nous vos intentions pour la rédaction d’un article pour les rubriques récurrentes non thématiques suivantes :

Perspectives : nouvelles brèves collées à l’actualité des arts visuels au Québec et au Canada. Le style d’écriture est plus informatif qu’analytique, et les textes sont écrits de manière à mettre en perspective un enjeu d’actualité ciblé (portée sociale, politique ou collective d’un sujet sur l’art) ou font part d’une nouveauté du milieu de l’art (prix, nominations, nouveaux programmes, etc.).

Visites : couvertures d’expositions ou d’événements en cours ou terminés au plus tard deux mois avant la date limite de l’appel de propositions actif. L’objectif de ces couvertures est de faire comprendre les thèmes soulevés par l’exposition ou l’événement, en relation avec le corpus des artistes. L’autrice ou l’auteur est invité à développer un point de vue original sur les œuvres et faire preuve d’un engagement discursif avec son sujet en orientant son propos autour d’une idée ciblée et en évitant une approche strictement descriptive. L’utilisation de citations et de concepts théoriques est suggérée pour appuyer la discussion des œuvres, et l’emploi des notes de bas de page doit être limité.

Lectures : comptes rendus d’une publication sur l’art parue au courant de la dernière année. Le style d’écriture prend la forme d’un commentaire résumant l’ouvrage et le situant dans le contexte actuel.

Vie des arts priorise les propositions de sujets qui reflètent l’écriture de son autrice ou de son auteur : en d’autres termes, votre proposition doit être dynamique et nous donner un aperçu de votre style de rédaction !

Toutes les soumissions pour les rubriques récurrentes non thématiques doivent inclure le sujet anticipé selon la rubrique envisagée, ainsi qu’une description de l’angle critique qui sera utilisé pour la rédaction (250 mots), trois extraits de textes antérieurs (publiés ou non) ainsi qu’une courte biographie de l’autrice ou de l’auteur (40 mots), et être envoyées à redaction@viedesarts.com avant le 28 mars 2022. Nous ferons un suivi avec les propositions pressenties et les textes finaux, suivant l’entente préalablement prise avec la rédaction, devront être rendus au courant du mois de mai 2022.

Veuillez noter que les propositions d’artistes portant sur leur propre travail ne seront pas considérées.

Dans l’optique de favoriser une pluralité de voix et de regards sur l’art actuel, Vie des arts souhaite lancer une invitation spécifique, mais non exclusive, aux personnes autochtones et racisées afin qu’elles puissent soumettre une proposition d’article.

English content for web-based publication

For its website, Vie des arts is looking for English written exhibition critiques and news articles that highlight contemporary issues presently shaping the art world. Submissions must include a short proposal (250 words) with the subject you want to cover and a brief description of the critical angle you will use, three excerpts of texts (published or unpublished), and a short biography (30 words). They should be sent before March 28th 2022 to the editor-in-chief at redaction@viedesarts.com.

Please note that proposals written by artists about their own work will not be considered.

In an effort to encourage a plurality of voices and perspectives on contemporary art, Vie des arts would like to extend a specific, but not exclusive, invitation to black, Indigenous and people of color to submit a proposal for an article.

For more information about Vie des arts, please visit https://viedesarts.com/en/about-us/