(English follows)

Numéro : 261 – Hiver 2021
Date de tombée : 28 juin 2020

Dossier « Mutations : sciences, technologies et autres formes inimaginables de l’art »

La discussion entourant la collaboration entre art et science n’est pas nouvelle : on retrouve dans l’histoire de l’art plusieurs cas où les artistes mettaient en œuvre de telles rapprochements, suivant aussi certaines redéfinitions du rôle de l’art et de la science selon la valeur de production. Pensons aux constructivistes russes qui, au début du XXe siècle, proposaient une définition de l’artiste comme ingénieur : dans ce contexte, l’œuvre d’art s’inscrivait dans une approche du design de l’environnement, répondant ainsi à une fonction matérielle et économique. Ce type d’association a aussi trouvé son écho dans l’art des années 1960 aux États-Unis, alors que les universités, pendant la Guerre Froide, cherchaient à expérimenter des formes artistiques à travers la technologie pour répondre à des besoins techniques. Avec l’imbrication de plus en plus serrée des technologies et des sciences, l’idée conceptuelle de l’art médiatique et de l’art des nouveaux médias dans les années 1980 s’est alors profondément ancrée dans des intentions collaboratives : à l’artiste s’ajoutait le scientifique et le technicien, et l’œuvre d’art pouvait intégrer de manière toujours plus spécialisée la science et les technologies (Voropai, 2011). Et au-delà même d’une méthodologie axée sur la collaboration, qui impliquerait la primauté du scientifique sur l’artistique, et qui valoriserait l’instrumentalisation de l’œuvre d’art au profil d’une vulgarisation scientifique, différents programmes de création et différents lieux de diffusion de l’art actuel intègrent désormais des recherches connexes, considérant la relation entre l’art, la science et la technologie de manière contingente, toujours fluide, mouvante, et de plus en plus poreuse.

Dans le contexte où le paradigme de la production et de la croissance dans le système marchand est remis en question à la lueur des crises sociales et écologiques, et suivant aussi l’élan des artistes contemporains qui ont démontré à plusieurs reprises que l’art peut être vecteur de transformations, de changements et agir sur le réel, est-ce que d’envisager les fusions et les mutations multiples de l’art, des sciences et des technologies ne pourrait pas offrir les balises nécessaires pour entamer la création de formes et d’espaces encore impossibles à imaginer? De quelle manière les artistes et les scientifiques, en ouvrant leurs disciplines respectives à des méthodologies et des formes d’expérimentations qui leur sont étrangères, peuvent opérer de nouvelles avenues et investir subtilement les interstices qui subsistent entre les structures du réel et de l’invisible?Les propositions attendues dans le dossier « Mutations : sciences, technologies et autres formes inimaginables de l’art », rendront compte des développements nouveaux qui occurrent avec la fusion de l’art, des sciences et des technologies. Elles s’intéresseront aux formes hybrides usant de machineries, de mécanismes, d’automatisation, d’intelligence artificielle, de biotechnologie, tout comme aux pratiques profondément engagées dans la création exploratoire d’imaginaires techno-scientifiques.

Rubriques récurrentes

Vie des Arts publie également des critiques d’exposition, des profils d’artistes, de brèves actualités qui mettent en valeur les enjeux qui façonnent l’art actuel et son milieu. Les propositions doivent être courtes, inclure le sujet anticipé ainsi qu’une description de l’angle critique envisagé pour la rédaction.Toutes les soumissions, pour le dossier thématique et les rubriques récurrentes, doivent comprendre une proposition de texte (350 mots), trois extraits de textes antérieurs (publiés ou non) ainsi qu’une courte biographie (40 mots), et être envoyées à redaction@viedesarts.com avant le 28 juin 2020. Nous ferons un suivi avec les propositions pressenties et les textes finaux, suivant l’entente préalablement prise avec la rédaction, devront être rendus au début du mois d’octobre 2020.

Issue : 261—Winter 2021
Deadline: June 28, 2020


Special section “Mutations: Sciences, Technologies and Other Unimaginable Art Forms”

The discussion around the collaboration between art and science is not new: throughout art history, there are cases in which artists performed such rapprochements, thus following certain redefinitions of the roles of art and science according to production value. We can take as an example the early-twentieth-century Russian constructivists, who proposed a definition of the artist as engineer: in this context, the artwork fell within an environmental design approach, thus fulfilling a material and economic function. This type of association also occurred during the Cold War of the 1960s in the United States, when universities sought to experiment with forms of art through technology to respond to technical needs. With the ever-broader overlap between technologies and sciences, the conceptual idea of media art and new media art in the 1980s was deeply grounded in collaborative intentions: scientists and technicians joined with artists, and therefore increasingly specialized science and technologies could be incorporated into artworks (Voropai, 2011). And even beyond a methodology based on collaboration—which would imply the domination of science over art and highlight the instrumentalization of the artwork as a tool of scientific popularization—different creative programs and contemporary-art exhibition venues now integrate related research, considering the relationship among art, science, and technology in a contingent way that is always fluid, moving, and increasingly porous.

In a context in which the paradigm of market-driven production and growth are being challenged in light of social and ecological crises, and also following the impetus of contemporary artists who have demonstrated repeatedly that art can be a vector of transformation, change, and action in real life, could envisaging merging and multiple mutations of art, science, and technologies not point the way toward creation of forms and spaces that are impossible to imagine right now? How could artists and scientists open up their respective disciplines to methodologies and forms of experimentation that are foreign to them, create new avenues, and subtly invade the interstices that subsist between the structures of the real and the invisible?Proposals for inclusion in the “Mutations: Sciences, Technologies, and Other Unimaginable Art Forms”will take into account new developments that occur in the merging of art, sciences, and technologies. The authors will be interested in hybrid forms using machines, mechanisms, automation, artificial intelligence, and biotechnology, as well as practices profoundly committed to exploratory creation of techno-scientific imaginaries.

Regular column

Vie des Arts is also looking for exhibition critiques, artist profiles, and news articles that highlight contemporary issues presently shaping the art world. Submissions should be short and include the subject you want to cover and a brief description of the critical angle you will use.Submissions must include a proposal, related to the theme or the regular column (350 words), three excerpts of texts (published or unpublished), and a short biography (40 words). They should be sent to redaction@viedesarts.com before June 28, 2020. We will contact the authors of the proposals chosen.