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À titre de membre fondatrice du groupe des automatistes, Françoise Sullivan cosigne le manifeste Refus global en 1948. Au célèbre texte de Paul-Émile Borduas sont annexés huit autres textes, dont « La danse et l’espoir », seul écrit sur la danse (de surcroît, rédigé par une femme) au sein du recueil. Avec cette contribution, Sullivan livre un texte fondateur pour la danse moderne au Québec. Les propos de l’artiste, initialement prononcés lors d’une conférence à Montréal le 16 février 1948, sont engagés envers l’unification du corps et de l’esprit et font appel au ressenti, aux sensations et aux émotions dans la création de mouvements improvisés et instinctifs. Invitant les sensibilités à se manifester, les existences à s’incarner et les histoires invisibilisées à s’exprimer, elle lègue un héritage permettant d’imaginer le mouvement à partir d’une expérience située et féministe. Axée sur l’énergie interne et l’expressivité, l’approche de Sullivan s’avère précurseure des croisements entre pratiques somatiques et création chorégraphique expérimentale qui ponctuent aujourd’hui les arts visuels, la performance et la danse contemporaine.