Articles
1 items
En parcourant le vaste matériel éditorial produit au fil de plus de 40 ans par le 3e impérial, j’ai été frappé par une phrase qui m’est restée en mémoire : « Il faut déplacer les montagnes pour qu’on puisse voir nos sommets1. » Si elle visait initialement la démarche d’un artiste en particulier, elle traduit l’essence même du travail magistral mené par le centre d’artistes autogéré : une transformation matérielle et symbolique du territoire par une approche contre-monumentale. Premier centre d’artistes au Québec à avoir délaissé sa galerie, le 3e impérial s’est installé en 1984 dans l’ancienne usine d’Imperial Tobacco, à Granby, en Estrie. C’est de ce territoire qu’il a développé une approche singulière de l’art infiltrant, fondée sur des résidences, des collaborations et des processus à long terme qui interrogent les façons d’habiter un territoire.