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Denise Desautels, Elle, Ulysse (Montréal : Le Noroît, 2025), 128 p. Avec des œuvres de Stéphanie Béliveau

« Un retour », indique le sous-titre d’Elle, Ulysse, dernier livre de Denise Desautels, paru au Noroît en 2025. Ce ne sont donc pas les tribulations de l’Odyssée, mais le retour suivant le long voyage qui occupe la poète montréalaise, maintenant octogénaire. Sauf qu’à la faveur de ce récit en éclatants poèmes phrasés, Ulysse ne retrouve pas son épouse, qui tisse avec ruse pour meubler le long temps de l’attente, mais sa mère tirant les fils d’une fille qu’elle veut « marionnette » (p. 45), incarnant des valeurs étriquées : « savoir-vivre bon langage bonnes manières/discrétion usage convenance/décence silence/Étiquette » (p. 55). Car Ulysse est une femme, comme l’Homère morte de l’écrivaine Hélène Cixous, et le projet d’écrire sur la vieillesse au féminin devient ici un grand ménage dans les « retailles à découdre » de la relation entre mère et fille-écrivaine. Plongée dans cette mythologie intime, cette « odyssée du dedans » requiert l’effort de faire taire un instant les bombardements de l’actualité, sans exclure la solidarité des peines partagées. « Nous femmes », profère la deuxième des trois sections, celle du rêve d’un affranchissement commun. Pas question de pardonner ni de refouler l’émotion étranglée dans la boucle du retour, mais de « dire – enfin/l’affolé l’obscur/le primordial/amour ».
Lectures
Le quatrième album de la série Wendy, paru en 2024 chez Drawn & Quarterly, opère un changement subtil mais sérieux dans l’univers dessiné par l’artiste originaire de Kahnawá:ke, Walter Scott. On reconnaît le noir et blanc, le trait simple laissant place à la gamme d’émotions expri mées avec une intensité digne du Cri (1893) d’Edvard Munch, les personnages anxieux, insatisfaits, déprimés, naviguant dans le monde des arts visuels contemporains. De même, on reconnaît chez Wendy son alcoolisme, son incapacité à expliquer sa pratique artistique (calculée par l’auteur pour maximiser le potentiel de projection), ses mauvais choix, sa difficulté à s’engager. On pourrait croire que le changement réside dans l’angle méta, puisque Wendy, ayant publié depuis Wendy, Master of Arts en 2020 – une série autofictionnelle éponyme –, doit désormais se farcir les rencontres avec ses admirateur·rice·s et les récrimi nations de ses proches quant à la façon dont elle les a représenté·e·s. Ce serait oublier que l’auteur, fidèle à sa propre démarche autofictionnelle, ne fait que distiller les aléas de sa réalité dans celle de son alter ego : sa série a connu un véritable succès ici comme à l’international.
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Camille Circlude La typographie post-binaire. Au-delà de l’écriture inclusive (Paris : Éditions B42, 224 p.) J’ouvre un livre en français. Si je sais lire, je vois des mots, du sens, une histoire. Si j’ai développé une sensibilité féministe et queer, je vois le recours à une langue inclusive, ou…