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Duo
Automne
2026
Revue trimestrielle
Revue trimestrielle
Penser en tandem aujourd’hui, c’est (sur)vivre et (co)exister pour mieux résister. Véritable entité relationnelle, l’équipe formée doit oser confronter les divergences et les intentions respectives des partenaires. La création en diptyque, c’est d’accepter les écarts et d’œuvrer dans un entre-deux où les rôles se redéfinissent constamment. En duo, il ne s’agit ni d’additionner, ni de multiplier, mais de s’engager avec l’autre.
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Tous les articlesLes mains dans un buisson, je cueille des feuilles de persil de mer et des pétales de rose avec précaution. Le soleil plombe tandis que, entourée de vesce jargeau, de marguerites et de sapins, j’aperçois au loin, d’une part le fleuve, et de l’autre, les montagnes, que j’ai traversées en parcourant la route 138 pour venir à la rencontre de Karine Locatelli et du territoire qui l’accueille. Alors que nous cueillons et discutons, les abeilles bourdonnent, le vent souffle dans les arbres, l’odeur saline du fleuve effleure nos narines. Charlevoix s’invite dans la conversation.
(Photo) Sonia Robertson, Nipishtanau Tshishtemau (Je donne le tabac) (1997). Installation in situ. Pousses de tabac et tabac blond haché sur terreau. Photo : Danielle Binet.Courtoisie de l'artiste et du 3e impérial, centre d’essai en art actuel
En parcourant le vaste matériel éditorial produit au fil de plus de 40 ans par le 3e impérial, j’ai été frappé par une phrase qui m’est restée en mémoire : « Il faut déplacer les montagnes pour qu’on puisse voir nos sommets1. » Si elle visait initialement la démarche d’un artiste en particulier, elle traduit l’essence même du travail magistral mené par le centre d’artistes autogéré : une transformation matérielle et symbolique du territoire par une approche contre-monumentale. Premier centre d’artistes au Québec à avoir délaissé sa galerie, le 3e impérial s’est installé en 1984 dans l’ancienne usine d’Imperial Tobacco, à Granby, en Estrie. C’est de ce territoire qu’il a développé une approche singulière de l’art infiltrant, fondée sur des résidences, des collaborations et des processus à long terme qui interrogent les façons d’habiter un territoire.
(Photo) Olivia Raymond
Tous les matins, pendant douze jours, j’ouvre la porte de la Maison Saint-Dilon, située à Natashquan, sur la Côte-Nord. J’entre dans une modeste maison aux bardeaux de cèdre rouge dressée devant le golf du fleuve Saint-Laurent, au milieu du village, entre les cabanes colorées et les dunes. Le poids de mon corps fait craquer les vieilles planches de bois et me rappelle que, pour que la maison rouge subsiste, il faudra un jour la soulever de terre tout entière. Ses fondations se fatiguent. Je me mets à imaginer la maison léviter doucement, face à la mer, révélant le sol de sable sur lequel elle repose. Une sorte de petit miracle.
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Toutes les nouvellesCommuniqué
L’été, nous sommes plusieurs à arpenter le territoire québécois, en tant que touristes, artistes, amateur·rice·s ou curieux·euses de l'art, pour apprécier l'offre culturelle des centres d’artistes, musées régionaux, lieux de résidence et autres espaces de création et de diffusion. Nous profitons ainsi de la belle saison pour vous proposer trois textes consacrés à des pratiques culturelles ancrées dans différents territoires du Québec : la Montérégie (Granby), Charlevoix et la Côte-Nord (Natashquan).